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JE ME SOUVIENS DE L’IMPERMÉABLE ROUGE QUE JE PORTAIS L’ÉTÉ DE MES VINGT ANS, Lydia Flem - livre pour adultes

LE MOT DE L’ÉDITEUR :

Les habits collent à la peau. Ils nous protègent et nous exposent. Le vêtement happe le regard social et trahit notre part d’ombre. Les hommes et les femmes ne sont pas égaux dans cette course aux apparences.

Dans ce livre, Lydia Flem raconte les vêtements de ses souvenirs. Elle mêle avec malice le grave au frivole. Sur un mode ludique, elle poursuit sa quête de l’intime en adoptant une forme devenue classique depuis les Je me souviens de Georges Perec dans les années 1970. Cette forme, Perec l’a métamorphosée après l’avoir empruntée à l’artiste américain Joe Brainard, ami de son ami Harry Mathews.

De la petite fille à l’amante, de la séductrice à la militante des droits de la femme et des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans), Lydia Flem s’amuse à psychanalyser nos gestes et nos codes vestimentaires. Cette promenade personnelle croise la garde-robe de nos souvenirs collectifs, photographies de mode, stéréotypes du savoir-vivre, scènes de cinéma, mots de la littérature, images de l’histoire et de l’actualité.

Comme dans ses livres précédents, Lydia Flem explore ce qui appartient à chacun et à tous, le plus singulier et le plus universel.

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 En lisant Je me souviens de l'imperméable rouge que je portais l'été de mes vingt ans je me souviens comme le principe du "je me souviens" est plaisant & contagieux, comme ces inventaires subjectifs font systématiquement écho en soi, comme ils ravivent des souvenirs, comme chaque souvenir ravivé constitue le bout d'une pelote qui n'attend que d'être tiré.

Par exemple, Lydia Flem écrit : "Je me souviens que mon père m'a offert mon premier sac à main. C'était un sac en cuir rouge framboise écrasé , avec une longue bandoulière et un fermoir en métal argenté." (p. 163)

& moi je me souviens du cordonnier revêche à qui je réclamais mes souliers & qui, du fond de son atelier, me demandait s'il s'agissait bien des bottines bordeaux. Moitié désireuse de lui arracher enfin un sourire, moitié pointilleuse sur les couleurs & leurs noms souvent magnifiques je répondais, alors qu'il me faisait à nouveau face : "Hum, je dirais plutôt framboise écrasé." Mon cordonnier est resté de marbre. Je crains même qu'il ne m'ait classée dans la catégorie des clientes "à grain" ou "contrariante", voire les deux mon Dieu.

S'il est des livres à partager ce sont bien les livres à inventaire, s'il est des livres à dérouler le fil des pensées sur un escalier (pour l'esprit du même nom !), à rêver, à sillonner profond ou à survoler léger ce sont bien sûr les livres à la Perec.

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35

Je me souviens que ma mère prononçait des mots merveilleux comme crêpe de Chine, fil d'Ecosse, ciel de lit, ceinture coulissante, gros-grain, échancrure, pattemouille.

(p.19)

59

Je me souviens que c'est toujours dangereux pour une femme de se promener seule la nuit.

60

Je me souviens des James Bond girls, surtout de celles qui savent se battre et manier les armes à feu en longue robe du soir fendue et très décolletée.

(p.30)

151

Je me souviens des sensations du toucher : velouté, soyeux, satiné, laineux, doux, fin, sec, léger, piquant, rêche, gaufré, duveteux, souple, raide, épais, feutré, vaporeux, glissant, mousseux, moelleux, chaud, élastique, lourd, enveloppant.

(p.67)

222

Je me souviens que, depuis la Révolution française, pour s'opposer à l'éclat baroque de l'habit aristocratique, les hommes ont renoncé aux couleurs, dentelles, rubans, poudres et perruques pour l'habit sombre, sobre, austère. Certains historiens ont nommé cette transformation : "le Grand Renoncement".

(p.97)

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  Empruntable dès tout de suite à la médiathèque...

Nathalie

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