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miam miam - Page 2

  • Chante, Luna / Paule Du Bouchet

    Ce livre est intéressant car il nous montre la vie à Varsovie, d'une jeune fille juive, âgée de 14 ans au début de l'histoire et de sa famille en 1939. Au fur et à mesure du livre, on découvre la vie dans le ghetto, des persécutions que les juifs subissent chaque jour. Mais Luna, elle, a un talent, le chant qui lui sauvera la vie à de nombreuses reprises et qui fera sa force pour se battre encore et toujours malgré le manque de ses proches. Même si ce livre nous montre un univers triste, on voit que les juifs connaissaient malgré tout de la joie, de l'amitié et de l'amour et surtout qu'ils continuaient leur résistance face à l'armée allemande.

     

    Paule Du Bouchet, l'auteur :

    "Passionnée de musique, pianiste. Elle a enseigné la philosophie avant de s'orienter vers l'édition et la littérature jeunesse. Elle est actuellement responsable du département de musique de Gallimard jeunesse et de la collection de livres lus. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages pour jeunesse." Elle a écrit d'autres livres  portant sur le même sujet, la seconde guerre mondiale ainsi que sur la première guerre mondiale.

    Noémie

  • ETRE ICI EST UNE SPLENDEUR, Vie de Paula M. Becker - Marie Darrieussecq (2)

    Paula Modersohn-Becker, Elsbeth dans le jardin.

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  • ETRE ICI EST UNE SPLENDEUR, Vie de Paula M. Becker - Marie Darrieussecq

    Le mot de l'éditeur :

    Paula Modersohn-Becker voulait peindre et c’est tout. Elle était amie avec Rilke. Elle n’aimait pas tellement être mariée. Elle aimait le riz au lait, la compote de pommes, marcher dans la lande, Gauguin, Cézanne, les bains de mer, être nue au soleil, lire plutôt que gagner sa vie, et Paris. Elle voulait peut-être un enfant - sur ce point ses journaux et ses lettres sont ambigus. Elle a existé en vrai, de 1876 à 1907.  Paula Modersohn-Becker est une artiste allemande de la fin du XIXème siècle, peintre, célèbre en Allemagne et dans beaucoup d'autres pays au monde, mais à peu près inconnue en France bien qu'elle y ait séjourné à plusieurs reprises et fréquenté l'avant-garde artistique et littéraire de son époque. Née en 1876 et morte en 1907 des suites d'un accouchement, elle est considérée comme l'une des représentantes les plus précoces du mouvement expressionniste allemand. La biographie que lui consacre Marie Darrieussecq (nouveau territoire pour l’auteur de "Il faut beaucoup aimer les hommes") reprend tous les éléments qui marquent la courte vie de Paula Modersohn-Becker. Mais elle les éclaire d’un jour à la fois féminin et littéraire. Elle montre, avec vivacité et empathie, la lutte de cette femme parmi les hommes et les artistes de son temps, ses amitiés (notamment avec Rainer Maria Rilke), son désir d’expression et d’indépendance sur lesquels elle insiste particulièrement.

     

    *

    Je me souviens avoir entendu un journaliste littéraire à la radio, interrogé sur cet ouvrage. Je ne l'avais pas encore lu. Il disait son agacement face aux partis pris de cette biographie, au discours "féministe" & anachronique de l'auteur évoquant une femme & des hommes qui, ma foi, vivaient dans leur temps. Mouais, m'étais-je dit. Pas très convaincant tout ça, j'attends de voir mais... Darrieussecq n'a pas écrit une notice biographique pour un dictionnaire des artistes peintres allemands du XIXe. Elle a le droit d'orienter son propos. & puis, j'imaginais bien déjà, avant de la lire, que cette Vie de Paula M. Becker n'avait pas pour objectif de dénoncer la place réservée aux femmes dans la société de l'époque & les rapports hommes/femmes mais plutôt de mieux révéler comment, dans ce terreau, le talent de cette peintre a poussé de façon particulière, a été attisé. Comment, quand presque tout vous est interdit de ce qui vous attire, vous pouvez justement trouver plus sûrement la force d'imposer votre besoin, d'exprimer votre vision, de proposer un regard inédit & puissant. 

    J'ai eu confirmation de tout cela en lisant cette brève biographie qui est tout sauf neutre pour une raison simple : son auteur s'est impliquée dans cette vie qu'elle narre. Elle veut redonner vie, elle veut rencontrer, peindre, souffrir, jouir avec, partager. Le partage se prolonge même au-delà du livre puisque Marie Darrieussecq est à l'origine de l'exposition des oeuvres de Paula Modershon-Becker au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Elle n'imaginait pas ne pas proposer ce prolongement, ne pas permettre à chacun de s'impliquer à sa façon dans une oeuvre saisissante, qui regarde en face & sans fard, dans la puissance du dénuement.

    *

    La première année de mon mariage, j'ai beaucoup pleuré, et des sanglots comme ceux de l'enfance. [...] L'expérience m'a enseigné que le mariage ne rend pas plus heureuse. Il ôte l'illusion d'une âme soeur, croyance qui occupait jusque-là tout l'espace. Dans le mariage, le sentiment d'incompréhension redouble. Car toute la vie antérieure au mariage était une recherche de cet espace de compréhension. Est-ce que ce n'est pas mieux ainsi, sans cette illusion, face à face avec une seule grande et solitaire vérité ? J'écris cela dans mon carnet de dépenses, le dimanche de Pâques 1902, assise dans ma cuisine à préparer un rôti de veau.

    p.72.

    *

    Elle meurt d'une embolie d'être restée couchée. En s'écroulant, elle dit "Schade." C'est son dernier mot. Ca veut dire dommage.

    J'ai écrit cette biographie à cause de ce dernier mot. Parce que c'était dommage. Parce que cette femme que je n'ai pas connue me manque. Parce que j'aurais voulu qu'elle vive. Je veux montrer ses tableaux. Dire sa vie. Je veux lui rendre plus que la justice : je voudrais lui rendre l'être-là, la splendeur.

    p.136-137.

    *

    Pour en savoir plus : la page de l'éditeur.  

    Etre ici est une splendeur - Vie de Paula M. Becker, Marie Darrieussecq, P.O.L., 2016  est bien sûr à la médiathèque.

    Nathalie

  • MOI, JEAN GABIN, Goliarda Sapienza - roman adulte

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    ou l'enfance de l'art (de la joie...)

    LE MOT DE L’ÉDITEUR :

    La ville de Catane, en Sicile, au début des années 30. Le fascisme se déploie sur l’île, quand une enfant ressort exaltée d’une salle de cinéma de quartier. Elle a la démarche chaloupée, une cigarette imaginaire au bec et l’œil terrible. Elle vient de voir le film Pépé le Moko et, emportée par cette incarnation du désir et de l’insoumission, elle n’a désormais plus qu’une idée en tête : être Jean Gabin.
     
    Écrit par l’auteur de L’Art de la joie dans les dernières années de sa vie, à un moment où son œuvre demeurait méconnue, Moi, Jean Gabin est un étrange roman autobiographique, l’histoire magnifiée d’une enfance dans la Sicile de l’entre-deux guerres. Véritable testament philosophique, ce livre se révèle être un des plus beaux textes de Goliarda Sapienza, un éloge à la liberté et aux rêves qui ont précocement nourri sa vie.

    *

    Le ton de Goliarda Sapienza est unique, il se nourrit de sa façon d'être au monde, de son histoire dont l'enfance est narrée ici avec la jubilation fantasmée de la nostalgie & la radicalité d'un esprit laissé à sa liberté.
    Et puis, et puis, Goliarda Sapienza déborde de vie, tout ce qu'elle écrit, tout ce qu'elle vit est intense & cette intensité est contagieuse.

    De Goliarda Sapienza à la médiathèque...

    Nathalie

  • A CE STADE DE LA NUIT, Maylis de Kerangal - récit

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    LE MOT DE L’ÉDITEUR :

    Lampedusa. Une nuit d’octobre 2013, une femme entend à la radio ce nom aux résonances multiples. Il fait rejaillir en elle la figure de Burt Lancaster – héros du Guépard de Visconti et du Swimmer de Frank Perry – puis, comme par ressac, la fin de règne de l’aristocratie sicilienne en écho à ce drame méditerranéen : le naufrage d’un bateau de migrants.
    Écrit à la première personne, cet intense récit sonde un nom propre et ravive, dans son sillage, un imaginaire traversé de films aimés, de paysages familiers, de lectures nomades, d’écrits antérieurs. Lampedusa, île de littérature et de cinéma devenue l’épicentre d’une tragédie humaine. De l'inhospitalité européenne aussi.
    Entre méditation nocturne et art poétique À ce stade de la nuit est un jalon majeur dans le parcours littéraire de Maylis de Kerangal.

     

    Publié une première fois en 2014 aux éditions Guérin, ce court texte de l'auteure de Réparer les vivants reparaît aujourd'hui aux éditions Verticales dans leur bien nommée collection "minimales".

    *

    Chaque chapitre débute par "à ce stade de la nuit". Suit une remémoration au fil des images qu'inspire à la narratrice ce mot palimpseste de Lampedusa. Page 41, elle se souvient qu'elle lisait Le Chant des pistes de Bruce Chatwin alors qu'elle traversait la Sibérie en train. "A l'origine du monde, un ancêtre créa la piste, engendrant toute chose en chantant son nom, si bien qu'aujourd'hui l'aborigène qui emprunte de nouveau ce chemin, et chante, renoue-t-il avec son origine tout autant qu'il recrée le monde. Chaque phrase musicale d'une songline fait ainsi voir un segment de sentier, chaque élément du paysage ressaisit un épisode de la vie de l'ancêtre, un moment de l'histoire du groupe humain".

    Plus tard, page 45 : " Cette nuit-là, surexcitée, j'ai imaginé que les songlines aborigènes, une fois rassemblées, composaient une représentation quasi intégrale de l'espace australien et servaient de topo-guide à quiconque désirait le pénétrer, et s'y déplacer ; j'ai visualisé les parcours innombrables qui s'entrecroisaient à la surface de la terre, ce maillage choral déployé sur tous les continents, instaurant des identités mouvantes comme des flux, et un rapport au monde conçu non plus en termes de possession mais en termes de mouvement, de déplacement, de trajectoire, autrement dit en termes d'expérience. J'ai divagué sur un chant qui décrirait, énumérerait, ramasserait toutes les songlines  en une seule forme, ce chant du monde."

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    Tout ça se passe de commentaires, non ?

    Les oeuvres de Maylis de Kerangal à la médiathèque

    Nathalie

     

  • LE MYSTERE, Rebecca Cobb - album jeunesse

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    Le mystère...

    et la joie de l'attente quand elle sait se faire promesse...

     

    "C'est chouette que quelque chose soit venu habiter chez nous. 
    Je ne sais toujours pas ce que cela peut être... mais je vais continuer à faire le guet... 
    J'attendrai... au cas où..."

    http://mediathequedeguer.opac3d.fr/search.php?action=Basket&method=admin_view_html&pid=3688

    Nathalie

  • LES LIVRES PRENNENT SOIN DE NOUS, Régine Detambel - essai

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    Cliquez sur l'image!

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    Cet essai précise son enjeu en sous-titre : "Pour une bibliothérapie créative". Mais pas d'inquiétude : nous n'avons pas à faire à un livre de recettes avec liste d'ingrédients obligatoires. Tout juste trouve-t-on en souriant quelques prescriptions de la psychothérapeute française Lucie Guillet qui chercha après-guerre à expérimenter les effets bénéfiques de la poésie sur le psychisme des nerveux et emprunte les fragments qui soulagent "à Corneille pour son côté stimulant, tonique, ses vers rythmés et mémorisables ; à Racine dont la bonne musique équilibre les irritables ; à Boileau, remarquable régulateur pour instables et agités",...

    Quant à Régine Detambel, cherchant à faire le point sur sa pratique, elle revient surtout aux sources théoriques qui l'ont nourrie et à la dette que tout lecteur et/ou écrivain ressent le besoin d'exprimer envers une littérature capable de changer les contours d'une existence, de l'authentifier, la réparer, de lui offrir à la fois protection et ouverture, Weltinnenraum (Rilke), espace intérieur du monde... Sa dette doit être immense puisque sa conviction est communicative et puis, il n'y a pas à dire, je ne connais rien de mieux, de temps en temps, pour réactiver la machine et nager encore un peu mieux dans le bonheur de lire qu'un bon livre qui parle des livres, effet miroitant, narcissique qui met du baume à l'âme et redonne de l'allant - comme un bon livre quoi!

     

    *

    Pourquoi ça marche ?

    Parce que les hommes s'efforceront toujours de faire partager les expériences qui les touchent le plus profondément.

    Parce que, de la naissance à la vieillesse, nous sommes en quête d'échos de ce que nous avons vécu de façon obscure, confuse et qui quelque fois se révèle, s'explicite de façon lumineuse et se transforme grâce à une histoire, un fragment, une simple phrase. Nous avons soif de mots pour permettre l'élaboration symbolique. Nous avons tous besoin de médiation, de représentation, de figuration symbolique pour sortir du chaos, intérieur ou extérieur. Tous, nous échafaudons des romans pour raconter notre séjour sur terre. C'est le propre de la narration que d'effacer l'idée même que le monde soit fragmentaire ; elle n'a sans doute pas d'autre but et c'est l'essentiel de la jouissance qu'elle procure. Elle comble les vides et ne joue des ellipses que dans l'éclat des transitions.

    (p.91-92)

    Lire, c'est avoir le pouvoir de se concentrer, de retenir, ne pas oublier qui parle, ce qui vient de se passer. Alors je me déconcentre, brutalement, pour me prouver que je suis capable d'avoir un pied dans chaque monde. Je lève la tête, je secoue le livre, je soupire parce que la phrase était belle, je répète quelques mots pour être sûre que ma mémoire atteint ma bouche. Je regarde dehors, je reviens au livre : cela s'appelle accommoder. Passer ainsi d'un monde si proche à un monde tellement lointain, s'accommoder du réel et de la fiction, avec la même aisance, c'est vivre heureux.

    (p.112)

    *

     http://mediathequedeguer.opac3d.fr/s/search.php?action=Basket&method=admin_view_html&pid=3286

    Petite bibliographie sur les lecteurs, tous disponibles à la médiathèque :

    http://mediathequedeguer.opac3d.fr/s/search.php?action=Basket&method=admin_view_html&pid=3285

    Enfin, pour en savoir plus sur la bibliothérapie :

    http://ie-bib.fr/

    Nathalie

  • Amours

    J'ai enchaîné plusieurs lectures qui m'ont captivée ces derniers temps. Je les aurais bien chroniquées mais je n'ai pas pris le temps... En revanche, cette fois, je m'arrête, je me pose et je partage !

    Il s'agit de Amours de Léonor De Récondo, violoniste baroque de formation qui écrit seulement depuis quelques années et qui signe ici son 3e roman. 

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    Voici le résumé que vous pouvez retrouver sur la 4e de couverture : 

    "Nous sommes en 1908. Léonor de Récondo choisit le huis clos d’une maison bourgeoise, dans un bourg cossu du Cher, pour laisser s’épanouir le sentiment amoureux le plus pur – et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un notaire, à prendre en mains sa destinée. Sa détermination se montre pourtant sans faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l’héritier Boisvaillant tant espéré.
    Comme elle l’a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s’apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire n’a pas la fibre maternelle, et le nourrisson dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont elle martèle inlassablement les touches.
    Céleste, mue par son instinct, décide de porter secours à l’enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s’éveille seule, ses pas la conduisent vers la chambre sous les combles…
    Les barrières sociales et les convenances explosent alors, laissant la place à la ferveur d’un sentiment qui balayera tout."

     C'est un ouvrage qui décrit avec brio la force des sentiments, le sens du sacrifice, le poids des barrières sociales, la perte des illusions... Une grande sensibilité se dégage de l'écriture et procure des émotions fortes. Les conditions de la femme au début du XXè siècle et les envies d'émancipation sont également très présentes. Ce roman m'a  occupée 2 ou 3 soirées seulement car l'histoire est captivante et les chapitres courts  font accélérer le rythme de lecture.

    Pour info, ce livre a été récompensé par le grand prix RTL-Lire 2015 et par le prix des libraires 2015.

    Evidemment, vous pouvez trouver ce livre à la médiathèque et s'il est emprunté, il est toujours possible de le réserver.

    Quant aux livres que je n'ai pas pris le temps de présenter, je peux quand même les citer :

    Dix-sept ans de Colombe Schneck

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    L'événement d'Annie ERNAUX

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    Sabrin@

  • ADAM & THOMAS, Aharon Appelfeld - roman jeunesse

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    ou comment deux enfants cachés dans la forêt apprennent à vivre, entre confiance, peur et questionnements...

    *

    LE MOT DE L'EDITEUR :

    Quand la mère d'Adam le conduit dans la forêt, elle promet de venir le chercher le soir même. « Aie confiance, tu connais la forêt et tout ce qu'elle contient », lui dit-elle. Mais comment avoir confiance alors que la guerre se déchaîne, que les rafles se succèdent dans le ghetto et que les enfants juifs sont pourchassés ?

    La journée passe.

    Adam retrouve Thomas, un garçon de sa classe que sa mère est également venue cacher là. Les deux gamins sont différents et complémentaires : Adam sait grimper aux arbres et se repère dans la forêt comme s'il y était né. Thomas est réfléchi et craintif. À la nuit tombée, les mères ne sont pas revenues. Les enfants s'organisent et construisent un nid dans un arbre. Ils ignorent encore qu'ils passeront de longs mois ainsi, affrontant la faim, la pluie, la neige et le vent, sans oublier les questions essentielles : qu'est-ce que le courage ? Comment parlent les animaux ? D'où vient la haine ? À quoi sert l'amour ?

    *

    Tous les enfants construisent des cabanes, j'ai construit des cabanes et rêvé de pouvoir vivre dedans, cachée, libre & en paix... Je ne sais pas si Aharon Appelfeld a eu le temps de rêver de cabanes avant d'être envoyé en 1941, à l'âge de 9 ans, dans un camp de concentration d'où il s'échappe pour survivre dans la forêt puis chez un paysan en attendant la fin de la guerre.

    A 80 ans, le poète et romancier israélien publie son premier livre pour enfants, confiant qu'il avait envie de retrouver quelque chose de l’enfance à l’état brut. Les adultes sont effectivement très peu présents dans ce roman et c'est bien ce mélange inimitable de l'enfance fait de sens pratique, de capacité d'émerveillement et de mysticisme qui permet aux deux garçons du livre de survivre à la guerre.

    Un nid n'est pas une cabane : c'est un refuge ouvert et suspendu, poste idéal pour guetter le danger aussi bien que les appels à l'aide. Adam & Thomas ne se contentent pas de se cacher et de survivre, ils portent secours aux hommes blessés, pourchassés par l'ennemi, qui croisent leur chemin. C'est ainsi qu'ils deviennent, selon la formule de leurs obligés, des anges.

    Aharon Appelfeld a forcément puisé dans ses souvenirs pour écrire cette histoire. Cet apport du réel suscite toujours de l'intérêt et ajoute en intensité pour l'adulte que je suis et qui a lu d'autres oeuvres de l'écrivain (toutes inspirées de cet épisode fondateur). On sent comme il a dû se faire plaisir aussi à "augmenter" le souvenir pour le rendre plus vivable (le garçon seul qui devient dans l'histoire inventée 2 garçons liés bientôt par une tendre amitié en est l'exemple le plus frappant) et à mâtiner le réel d'une ambiance de conte pour conjurer la peur. Mais c'est avant tout l'enfant en moi qui a été attiré par cette histoire de survie dans les bois. Une lecture par des enfants (je dirais à partir de 10 ans) devrait susciter des questionnements que l'adulte pourra accompagner mais devrait assouvir aussi il me semble leurs besoins, rêves et questionnements puisque le récit se situe bien à hauteur d'enfant.

    Je suis preneuse de retours de lecture...

    *

    Pour aller plus loin, un entretien avec Aharon Appelfeld et une analyse de son livre par l'Ecole des lettres :

    http://www.ecoledeslettres.fr/blog/litteratures/entretien-avec-aharon-appelfeld-a-propos-de-son-premier-livre-pour-la-jeunesse-adam-et-thomas-par-valerie-zenatti/

    Et bien sûr, les références complètes et la disponibilité de l'ouvrage sont visibles là :

    http://mediathequedeguer.opac3d.fr/s/search.php?action=BasketRecord&method=search

    Nathalie