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miam miam - Page 2

  • UN CERTAIN MONDE, Elizabeth Harrower - roman adulte

    LE MOT DE L’ÉDITEUR :

    "C'était une matinée parfaite, d'une beauté originelle, et chaque feuille reflétait le soleil. Le ciel était immense. " Zoe, Russell, Stephen et Anna. Quatre jeunes gens à l'aube de leur existence, dans le Sydney d'après-guerre. Zoe et Russell sont frère et soeur, Anna et Stephen aussi : les uns sont issus d'une lignée qui leur promet un avenir radieux ; les autres doivent surmonter le passé. Mais le destin se plaît à faire mentir les certitudes. Avec une sensibilité digne de Jane Austen, Elizabeth Harrower raconte l'ivresse du grand amour, les désillusions dont on prend la pleine mesure toujours à contretemps. En apparence, elle choisit le prisme de l'infime. Pourtant, une ambition plus ample se dessine dans ce roman bouleversant : écrire la vie.

    Née en 1928 en Australie, Elizabeth Harrower a connu un succès fulgurant dans sa jeunesse avant de tomber dans l'oubli. Traduit pour la première fois en français, Un certain monde révèle aujourd'hui son talent, salué dans le monde entier.

    *

    S'accordant parfaitement au temps suspendu des vacances, ce roman au charme suranné & sans âge m'a évoqué tout ensemble Jane Austen pour son incroyable finesse psychologique & la mise en regard des classes sociales, Anton Tchékhov pour son désenchantement calme (sans ironie), Virginia Woolf pour l'art de mettre en mots des sensations, fugitives ou lancinantes, Jerome David Salinger pour le portrait d'une jeunesse dans les années 40.

    Ecrit en 1971 & remisé au placard par son auteur, estimant, ma foi, "qu'il y a, partout dans le monde, tant de romans morts qui n'avaient pas besoin d'être écrits", Un certain monde est publié pour la première fois en Australie & en France. Une nouveauté, donc, que je conseille chaudement aux amatrices & amateurs des écrivains sus-cités :

    Un certain monde, Elizabeth Harrower, Rivages, 2016.

    Nathalie

  • LES FLEURS DE LA VILLE, Lawson/ Smith - album pour enfants

    LE MOT DE L'EDITEUR :

    Une balade généreuse, hymne à la couleur, à travers la ville.

    Une petite fille tout en rouge marche dans une ville en noir et blanc, avec son papa. Bientôt, elle remarque des taches de couleur ça et là : des fleurs sauvages qui poussent sur le trottoir, entre les pierres ou sur les murs. Elle en fait un bouquet, peu à peu, et la couleur surgit dans la ville tandis que le papa ne voit rien, accroché à son portable.

    Puis la fillette offre ses fleurs une à une, ici à un oiseau mort, là à un homme endormi, plus loin à un chien qui lui donne la patte. Enfin parvenue à la maison, elle en offre à sa maman, à ses frère et sœur. Et la toute dernière, elle la garde pour elle-même, tandis que la couleur (et l’amour) désormais éclaboussent tout le livre.

     

    Un condensé vidéo de l'album qui ne doit pas empêcher de venir voir ou emprunter ce livre sans paroles qui se passe de commentaires...

    Nathalie

  • Chante, Luna / Paule Du Bouchet

    Ce livre est intéressant car il nous montre la vie à Varsovie, d'une jeune fille juive, âgée de 14 ans au début de l'histoire et de sa famille en 1939. Au fur et à mesure du livre, on découvre la vie dans le ghetto, des persécutions que les juifs subissent chaque jour. Mais Luna, elle, a un talent, le chant qui lui sauvera la vie à de nombreuses reprises et qui fera sa force pour se battre encore et toujours malgré le manque de ses proches. Même si ce livre nous montre un univers triste, on voit que les juifs connaissaient malgré tout de la joie, de l'amitié et de l'amour et surtout qu'ils continuaient leur résistance face à l'armée allemande.

     

    Paule Du Bouchet, l'auteur :

    "Passionnée de musique, pianiste. Elle a enseigné la philosophie avant de s'orienter vers l'édition et la littérature jeunesse. Elle est actuellement responsable du département de musique de Gallimard jeunesse et de la collection de livres lus. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages pour jeunesse." Elle a écrit d'autres livres  portant sur le même sujet, la seconde guerre mondiale ainsi que sur la première guerre mondiale.

    Noémie

  • ETRE ICI EST UNE SPLENDEUR, Vie de Paula M. Becker - Marie Darrieussecq (2)

    Paula Modersohn-Becker, Elsbeth dans le jardin.

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  • ETRE ICI EST UNE SPLENDEUR, Vie de Paula M. Becker - Marie Darrieussecq

    Le mot de l'éditeur :

    Paula Modersohn-Becker voulait peindre et c’est tout. Elle était amie avec Rilke. Elle n’aimait pas tellement être mariée. Elle aimait le riz au lait, la compote de pommes, marcher dans la lande, Gauguin, Cézanne, les bains de mer, être nue au soleil, lire plutôt que gagner sa vie, et Paris. Elle voulait peut-être un enfant - sur ce point ses journaux et ses lettres sont ambigus. Elle a existé en vrai, de 1876 à 1907.  Paula Modersohn-Becker est une artiste allemande de la fin du XIXème siècle, peintre, célèbre en Allemagne et dans beaucoup d'autres pays au monde, mais à peu près inconnue en France bien qu'elle y ait séjourné à plusieurs reprises et fréquenté l'avant-garde artistique et littéraire de son époque. Née en 1876 et morte en 1907 des suites d'un accouchement, elle est considérée comme l'une des représentantes les plus précoces du mouvement expressionniste allemand. La biographie que lui consacre Marie Darrieussecq (nouveau territoire pour l’auteur de "Il faut beaucoup aimer les hommes") reprend tous les éléments qui marquent la courte vie de Paula Modersohn-Becker. Mais elle les éclaire d’un jour à la fois féminin et littéraire. Elle montre, avec vivacité et empathie, la lutte de cette femme parmi les hommes et les artistes de son temps, ses amitiés (notamment avec Rainer Maria Rilke), son désir d’expression et d’indépendance sur lesquels elle insiste particulièrement.

     

    *

    Je me souviens avoir entendu un journaliste littéraire à la radio, interrogé sur cet ouvrage. Je ne l'avais pas encore lu. Il disait son agacement face aux partis pris de cette biographie, au discours "féministe" & anachronique de l'auteur évoquant une femme & des hommes qui, ma foi, vivaient dans leur temps. Mouais, m'étais-je dit. Pas très convaincant tout ça, j'attends de voir mais... Darrieussecq n'a pas écrit une notice biographique pour un dictionnaire des artistes peintres allemands du XIXe. Elle a le droit d'orienter son propos. & puis, j'imaginais bien déjà, avant de la lire, que cette Vie de Paula M. Becker n'avait pas pour objectif de dénoncer la place réservée aux femmes dans la société de l'époque & les rapports hommes/femmes mais plutôt de mieux révéler comment, dans ce terreau, le talent de cette peintre a poussé de façon particulière, a été attisé. Comment, quand presque tout vous est interdit de ce qui vous attire, vous pouvez justement trouver plus sûrement la force d'imposer votre besoin, d'exprimer votre vision, de proposer un regard inédit & puissant. 

    J'ai eu confirmation de tout cela en lisant cette brève biographie qui est tout sauf neutre pour une raison simple : son auteur s'est impliquée dans cette vie qu'elle narre. Elle veut redonner vie, elle veut rencontrer, peindre, souffrir, jouir avec, partager. Le partage se prolonge même au-delà du livre puisque Marie Darrieussecq est à l'origine de l'exposition des oeuvres de Paula Modershon-Becker au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Elle n'imaginait pas ne pas proposer ce prolongement, ne pas permettre à chacun de s'impliquer à sa façon dans une oeuvre saisissante, qui regarde en face & sans fard, dans la puissance du dénuement.

    *

    La première année de mon mariage, j'ai beaucoup pleuré, et des sanglots comme ceux de l'enfance. [...] L'expérience m'a enseigné que le mariage ne rend pas plus heureuse. Il ôte l'illusion d'une âme soeur, croyance qui occupait jusque-là tout l'espace. Dans le mariage, le sentiment d'incompréhension redouble. Car toute la vie antérieure au mariage était une recherche de cet espace de compréhension. Est-ce que ce n'est pas mieux ainsi, sans cette illusion, face à face avec une seule grande et solitaire vérité ? J'écris cela dans mon carnet de dépenses, le dimanche de Pâques 1902, assise dans ma cuisine à préparer un rôti de veau.

    p.72.

    *

    Elle meurt d'une embolie d'être restée couchée. En s'écroulant, elle dit "Schade." C'est son dernier mot. Ca veut dire dommage.

    J'ai écrit cette biographie à cause de ce dernier mot. Parce que c'était dommage. Parce que cette femme que je n'ai pas connue me manque. Parce que j'aurais voulu qu'elle vive. Je veux montrer ses tableaux. Dire sa vie. Je veux lui rendre plus que la justice : je voudrais lui rendre l'être-là, la splendeur.

    p.136-137.

    *

    Pour en savoir plus : la page de l'éditeur.  

    Etre ici est une splendeur - Vie de Paula M. Becker, Marie Darrieussecq, P.O.L., 2016  est bien sûr à la médiathèque.

    Nathalie

  • MOI, JEAN GABIN, Goliarda Sapienza - roman adulte

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    ou l'enfance de l'art (de la joie...)

    LE MOT DE L’ÉDITEUR :

    La ville de Catane, en Sicile, au début des années 30. Le fascisme se déploie sur l’île, quand une enfant ressort exaltée d’une salle de cinéma de quartier. Elle a la démarche chaloupée, une cigarette imaginaire au bec et l’œil terrible. Elle vient de voir le film Pépé le Moko et, emportée par cette incarnation du désir et de l’insoumission, elle n’a désormais plus qu’une idée en tête : être Jean Gabin.
     
    Écrit par l’auteur de L’Art de la joie dans les dernières années de sa vie, à un moment où son œuvre demeurait méconnue, Moi, Jean Gabin est un étrange roman autobiographique, l’histoire magnifiée d’une enfance dans la Sicile de l’entre-deux guerres. Véritable testament philosophique, ce livre se révèle être un des plus beaux textes de Goliarda Sapienza, un éloge à la liberté et aux rêves qui ont précocement nourri sa vie.

    *

    Le ton de Goliarda Sapienza est unique, il se nourrit de sa façon d'être au monde, de son histoire dont l'enfance est narrée ici avec la jubilation fantasmée de la nostalgie & la radicalité d'un esprit laissé à sa liberté.
    Et puis, et puis, Goliarda Sapienza déborde de vie, tout ce qu'elle écrit, tout ce qu'elle vit est intense & cette intensité est contagieuse.

    De Goliarda Sapienza à la médiathèque...

    Nathalie

  • A CE STADE DE LA NUIT, Maylis de Kerangal - récit

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    LE MOT DE L’ÉDITEUR :

    Lampedusa. Une nuit d’octobre 2013, une femme entend à la radio ce nom aux résonances multiples. Il fait rejaillir en elle la figure de Burt Lancaster – héros du Guépard de Visconti et du Swimmer de Frank Perry – puis, comme par ressac, la fin de règne de l’aristocratie sicilienne en écho à ce drame méditerranéen : le naufrage d’un bateau de migrants.
    Écrit à la première personne, cet intense récit sonde un nom propre et ravive, dans son sillage, un imaginaire traversé de films aimés, de paysages familiers, de lectures nomades, d’écrits antérieurs. Lampedusa, île de littérature et de cinéma devenue l’épicentre d’une tragédie humaine. De l'inhospitalité européenne aussi.
    Entre méditation nocturne et art poétique À ce stade de la nuit est un jalon majeur dans le parcours littéraire de Maylis de Kerangal.

     

    Publié une première fois en 2014 aux éditions Guérin, ce court texte de l'auteure de Réparer les vivants reparaît aujourd'hui aux éditions Verticales dans leur bien nommée collection "minimales".

    *

    Chaque chapitre débute par "à ce stade de la nuit". Suit une remémoration au fil des images qu'inspire à la narratrice ce mot palimpseste de Lampedusa. Page 41, elle se souvient qu'elle lisait Le Chant des pistes de Bruce Chatwin alors qu'elle traversait la Sibérie en train. "A l'origine du monde, un ancêtre créa la piste, engendrant toute chose en chantant son nom, si bien qu'aujourd'hui l'aborigène qui emprunte de nouveau ce chemin, et chante, renoue-t-il avec son origine tout autant qu'il recrée le monde. Chaque phrase musicale d'une songline fait ainsi voir un segment de sentier, chaque élément du paysage ressaisit un épisode de la vie de l'ancêtre, un moment de l'histoire du groupe humain".

    Plus tard, page 45 : " Cette nuit-là, surexcitée, j'ai imaginé que les songlines aborigènes, une fois rassemblées, composaient une représentation quasi intégrale de l'espace australien et servaient de topo-guide à quiconque désirait le pénétrer, et s'y déplacer ; j'ai visualisé les parcours innombrables qui s'entrecroisaient à la surface de la terre, ce maillage choral déployé sur tous les continents, instaurant des identités mouvantes comme des flux, et un rapport au monde conçu non plus en termes de possession mais en termes de mouvement, de déplacement, de trajectoire, autrement dit en termes d'expérience. J'ai divagué sur un chant qui décrirait, énumérerait, ramasserait toutes les songlines  en une seule forme, ce chant du monde."

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    Tout ça se passe de commentaires, non ?

    Les oeuvres de Maylis de Kerangal à la médiathèque

    Nathalie

     

  • LE MYSTERE, Rebecca Cobb - album jeunesse

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    Le mystère...

    et la joie de l'attente quand elle sait se faire promesse...

     

    "C'est chouette que quelque chose soit venu habiter chez nous. 
    Je ne sais toujours pas ce que cela peut être... mais je vais continuer à faire le guet... 
    J'attendrai... au cas où..."

    http://mediathequedeguer.opac3d.fr/search.php?action=Basket&method=admin_view_html&pid=3688

    Nathalie

  • LES LIVRES PRENNENT SOIN DE NOUS, Régine Detambel - essai

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    Cliquez sur l'image!

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    Cet essai précise son enjeu en sous-titre : "Pour une bibliothérapie créative". Mais pas d'inquiétude : nous n'avons pas à faire à un livre de recettes avec liste d'ingrédients obligatoires. Tout juste trouve-t-on en souriant quelques prescriptions de la psychothérapeute française Lucie Guillet qui chercha après-guerre à expérimenter les effets bénéfiques de la poésie sur le psychisme des nerveux et emprunte les fragments qui soulagent "à Corneille pour son côté stimulant, tonique, ses vers rythmés et mémorisables ; à Racine dont la bonne musique équilibre les irritables ; à Boileau, remarquable régulateur pour instables et agités",...

    Quant à Régine Detambel, cherchant à faire le point sur sa pratique, elle revient surtout aux sources théoriques qui l'ont nourrie et à la dette que tout lecteur et/ou écrivain ressent le besoin d'exprimer envers une littérature capable de changer les contours d'une existence, de l'authentifier, la réparer, de lui offrir à la fois protection et ouverture, Weltinnenraum (Rilke), espace intérieur du monde... Sa dette doit être immense puisque sa conviction est communicative et puis, il n'y a pas à dire, je ne connais rien de mieux, de temps en temps, pour réactiver la machine et nager encore un peu mieux dans le bonheur de lire qu'un bon livre qui parle des livres, effet miroitant, narcissique qui met du baume à l'âme et redonne de l'allant - comme un bon livre quoi!

     

    *

    Pourquoi ça marche ?

    Parce que les hommes s'efforceront toujours de faire partager les expériences qui les touchent le plus profondément.

    Parce que, de la naissance à la vieillesse, nous sommes en quête d'échos de ce que nous avons vécu de façon obscure, confuse et qui quelque fois se révèle, s'explicite de façon lumineuse et se transforme grâce à une histoire, un fragment, une simple phrase. Nous avons soif de mots pour permettre l'élaboration symbolique. Nous avons tous besoin de médiation, de représentation, de figuration symbolique pour sortir du chaos, intérieur ou extérieur. Tous, nous échafaudons des romans pour raconter notre séjour sur terre. C'est le propre de la narration que d'effacer l'idée même que le monde soit fragmentaire ; elle n'a sans doute pas d'autre but et c'est l'essentiel de la jouissance qu'elle procure. Elle comble les vides et ne joue des ellipses que dans l'éclat des transitions.

    (p.91-92)

    Lire, c'est avoir le pouvoir de se concentrer, de retenir, ne pas oublier qui parle, ce qui vient de se passer. Alors je me déconcentre, brutalement, pour me prouver que je suis capable d'avoir un pied dans chaque monde. Je lève la tête, je secoue le livre, je soupire parce que la phrase était belle, je répète quelques mots pour être sûre que ma mémoire atteint ma bouche. Je regarde dehors, je reviens au livre : cela s'appelle accommoder. Passer ainsi d'un monde si proche à un monde tellement lointain, s'accommoder du réel et de la fiction, avec la même aisance, c'est vivre heureux.

    (p.112)

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     http://mediathequedeguer.opac3d.fr/s/search.php?action=Basket&method=admin_view_html&pid=3286

    Petite bibliographie sur les lecteurs, tous disponibles à la médiathèque :

    http://mediathequedeguer.opac3d.fr/s/search.php?action=Basket&method=admin_view_html&pid=3285

    Enfin, pour en savoir plus sur la bibliothérapie :

    http://ie-bib.fr/

    Nathalie