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  • 76 CLOCHARDS CELESTES OU PRESQUE, Thomas Viniau - littérature adulte

    La quatrième de couverture dit :

    Le clochard céleste ne dort pas sous la cloche du ciel, il dort dans le ciel, directement. Il dort, mange, boit, chie du ciel, mais il sent toujours la bête, ce mélange d'étoiles et de boue. Ces textes constituent une galerie de sales types, de déglingués et d'allumés, de borderline et bords de route. Des types à qui je ne confierais pas mes enfants mais qui ont plus d'une fois recueilli mon cœur malade derrière les ongles noirs de leurs mots, de leurs musiques, de leurs arts. Des hommes qui, en tombant, ont fait du bien aux autres. Des femmes qui ont sculpté, dans les sucs abjects de l'humanité, les doudous de nos petites nuits tristes. Ils n'ont pas renoncé. Ils n'ont la plupart du temps pas eu trop de chance non plus. Ils ont bringuebalé, sublimes et admirables, crevards dégénérés jusqu'à nos yeux blessés. Ils étaient peut-être malades, mais ce sont eux qui nous ont soignés de beauté, la vraie, la pure, celle qui ne renonce à aucune réalité.

    *

    Rimbaud tendait des chaînes d'or d'étoile à étoile & dansait, Thomas Vinau accroche ses clochards de prédilection sur la page comme autant de lampions dans nos nuits & l'on danse. On est contents  de lire le portrait tout personnel, hyper elliptique & percutant de certains très connus, contents de voir que d'autres secrètement adorés n'ont pas été oubliés, contents d'en découvrir plein : la nuit n'a pas fini de s'éclairer, des frères, des sœurs (si peu pourtant, attendez, je compte, 4, la clochardisation, céleste ou non serait-elle un penchant plutôt masculin ?) de survie, de fatigue & d'illuminations.

    Un livre à picorer donc, un livre qui ouvre la porte à d'autres livres mais pas que : si les écrivains sont présents, on trouve beaucoup de musiciens dans ce dictionnaire troué, de Chet Baker à Robert Wyatt en passant par Karen Dalton.

    *

    Chet Baker justement : "Il faut écouter la douceur avec laquelle cet homme a brûlé." (p.36)

    Ou : " Robert Walser est un promeneur céleste. C'est un aventurier du minuscule. Un explorateur de l'évanescent. Après ses études, Robert Walser a tenté quelques métiers (domestique, employé, secrétaire), mais dès ses premiers succès littéraires d'estime, il cessa de travailler pour se consacrer à ses trois passions : écrire, marcher & disparaître." (p.180)

    Ou encore : "Dado travaille les pierres à l'intérieur des ventres, & les ventres à l'intérieur des pierres. Il se rapproche du graffiti en peignant les murs de son moulin, d'un vieux blockhaus ou d'une ancienne léproserie. Il dit du mot oeuvre qu'il est ridicule & prétentieux, & que son seul travail est d'aller chercher son petit-fils à l'école." (p.67)

    *

    http://www.castorastral.com/livre/76-clochards-celestes-presque/ 

    http://mediathequedeguer.opac3d.fr/search.php?action=Basket&method=admin_view_html&pid=5505

    Nathalie

  • CUL DE SAC, Richard Thompson - BD

    Le mot de l'éditeur :

    De l'autre côté de la Grande Muraille du Silence qui sépare la ville de la banlieue résidentielle, à côté de la voie Cul de Sac, pas loin de la place Cul de Sac, tout près de l'avenue Cul de Sac, se trouve une petite rue appelée Cul de Sac. C'est là que vivent les Otterloop : Alice, petite fille de 4 ans dont le caractère oscille entre candeur et despotisme, Petey, son grand frère, dont la vie est essentiellement rythmée par ses saignements de nez, ses phobies compulsives et ses bandes dessinées, et leurs deux parents. Peter et Madeline.

    Initialement publiée dans le prestigieux Washington Post dès 2004, la série de strips Cul de sac fut rapidement consacrée comme l'une des plus grandes réalisations du genre par ses pairs. Présenté par Art Spiegelman (Maus) comme le digne héritier de Bill Watterson(Calvin et Hobbes), Richard Thompson a remporté en 2015 l'Eisner Award de la Meilleure Publication Humoristique.

    *

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    Premier (gros) volume d'une intégrale (oui, intégrale, définitive, Richard Thompson est décédé en juillet 2016 à pas même 60 ans de la maladie de Parkinson), un volume soigné, format à l'italienne, un pavé, ou une belle brique, de celles lancées par le satané Ignatz Mouse à Krazy Kat dans le sunday strip de l'incontournable George Herriman dont se revendiquent tous les bons auteurs de strips (waouaw, elle est longue cette phrase, c'est même pas une vraie phrase d'ailleurs, dois-je cesser de lire des comic strips ?). D'ailleurs, je mettrais bien ma main à couper que ces deux-là se sont vite retrouvés au paradis des auteurs de strips, quelque part entre la Grande Muraille du Silence & le comté de Coconino, qu'ils se lancent des briques avec amour, sucent du jus de moufle, dessinent des sourires sur des cailloux comme Alice ou passent leurs journées à lire Little Neuro sur leur lit comme son grand frère Petey.

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    Krazy Kat, George Herriman

     Quant au papa de Calvin & Hobbes, il est allé jusqu'à sortir de sa réserve légendaire pour accepter une conversation avec son frère en humour dominical (un an de différence entre les deux lascars) pour le magazine Kaboom (qui vient de cesser ses parutions alors que la médiathèque venait de s'abonner... le n° 14 retranscrivant la conversation est cependant bien là, ouf), conversation dont il signe également l'introduction : "Le récit évite tout autant le sentimentalisme que le cynisme, & propose au contraire une peinture aussi loufoque que personnelle du quotidien. Or, très peu de strips savent jouer cette partition avec autant de subtilité."

    & patati & patata, je ne vais pas m'esquinter à tout vous raconter non plus parce que de toutes façons IL FAUT LIRE CUL DE SAC (aïe, je sens que l'inconséquente tyrannie d'Alice est entrée en moi) & que je vous mets en lien tout ce qu'il faut :

    à la médiathèque

    les premières pages

    Ah si, quand même, un dernier mot, du préfacier prestigieux Art Spiegelman : "Thompson décrit ce qu'il reste de l'enfance (la puberté apparaît un peu plus tôt chaque année et l'Age de Déraison adulte débute dès que les enfants ont appris à devenir de bons petits consommateurs) dans ce qu'il reste de la presse écrite."

     THAT'S ALL FOLKS !

    Nathalie

  • DODGERS, Bill Beverly - roman policier

    LE MOT DE L'EDITEUR : 

    East, quinze ans, est chef des guetteurs devant la taule, une maison où l’on vend et consomme de la dope, dans un ghetto de Los Angeles.

    On ne saura jamais pourquoi ni comment, car la petite bande n’a rien vu venir, mais un jour les flics débarquent.

    La taule est fermée, East doit se racheter.

    En allant dans le Wisconsin éliminer un juge, témoin compromettant. Accompagné de son frère Ty, douze ans et complètement fêlé, d’un pseudo-étudiant et d’un gros plutôt futé. Sans armes, avec de faux papiers et quelques dollars en poche.

    À bord du monospace bleu pouilleux qui quitte le soleil californien pour le froid des Grands Lacs, l’ambiance est de plus en plus crispée. Et, à l’arrivée, rien ne se passera comme prévu.

    Roman noir écrit au cordeau, voyage initiatique qui infléchit les destinées, Dodgers fait penser à The Wire et à Clockers. Mieux : il y a là une tonalité poignante, une poésie tragique, un je-ne-sais-quoi d’électrisant tout à fait uniques.

     

    Bill Beverly a grandi à Kalamazoo (Michigan) et fait ses études à l’Université de Floride. Il enseigne la littérature américaine à la Trinity Washington University et vit dans le Maryland. Dodgers est son premier roman.

    Traduit de l’anglais (États-Unis) par Samuel Todd

    *

    A la fin de Dodgers, le jeune East reprend la route dans la Lincoln grise qu'on lui a prêtée pour rentrer au bercail : il a six jours pour filer le plus loin possible, toujours plus vers l'Est, je le regarde filer & mes yeux continuent de se perdre longtemps sur la ligne d'horizon qui l'a vue disparaître. C'est ce qui a dû arriver à Bill Beverly à la fin de la lecture du roman de Richard Price, Clockers, au point de créer un personnage proche du jeune vendeur noir de drogue dans les rues d'une banlieue de New York & de lui offrir une porte de sortie. 

    La tentation est grande, en effet, d'inventer un souffle d'air, une bagnole, un peu de douceur pour ces gosses qui ne sont rois que d'un coin de rue & n'ont jamais quitté leur quartier. On les retrouve, ces gosses, dans la série américaine Sur écoute (The Wire) devenue culte & dont le scénario de certains épisodes est justement assuré par Richard Price ou l'excellent George Pelecanos.

    Toutes ces références sont à retrouver à la médiathèque...

    Nathalie

  • JE ME SOUVIENS DE L’IMPERMÉABLE ROUGE QUE JE PORTAIS L’ÉTÉ DE MES VINGT ANS, Lydia Flem - livre pour adultes

    LE MOT DE L’ÉDITEUR :

    Les habits collent à la peau. Ils nous protègent et nous exposent. Le vêtement happe le regard social et trahit notre part d’ombre. Les hommes et les femmes ne sont pas égaux dans cette course aux apparences.

    Dans ce livre, Lydia Flem raconte les vêtements de ses souvenirs. Elle mêle avec malice le grave au frivole. Sur un mode ludique, elle poursuit sa quête de l’intime en adoptant une forme devenue classique depuis les Je me souviens de Georges Perec dans les années 1970. Cette forme, Perec l’a métamorphosée après l’avoir empruntée à l’artiste américain Joe Brainard, ami de son ami Harry Mathews.

    De la petite fille à l’amante, de la séductrice à la militante des droits de la femme et des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans), Lydia Flem s’amuse à psychanalyser nos gestes et nos codes vestimentaires. Cette promenade personnelle croise la garde-robe de nos souvenirs collectifs, photographies de mode, stéréotypes du savoir-vivre, scènes de cinéma, mots de la littérature, images de l’histoire et de l’actualité.

    Comme dans ses livres précédents, Lydia Flem explore ce qui appartient à chacun et à tous, le plus singulier et le plus universel.

    *

     En lisant Je me souviens de l'imperméable rouge que je portais l'été de mes vingt ans je me souviens comme le principe du "je me souviens" est plaisant & contagieux, comme ces inventaires subjectifs font systématiquement écho en soi, comme ils ravivent des souvenirs, comme chaque souvenir ravivé constitue le bout d'une pelote qui n'attend que d'être tiré.

    Par exemple, Lydia Flem écrit : "Je me souviens que mon père m'a offert mon premier sac à main. C'était un sac en cuir rouge framboise écrasé , avec une longue bandoulière et un fermoir en métal argenté." (p. 163)

    & moi je me souviens du cordonnier revêche à qui je réclamais mes souliers & qui, du fond de son atelier, me demandait s'il s'agissait bien des bottines bordeaux. Moitié désireuse de lui arracher enfin un sourire, moitié pointilleuse sur les couleurs & leurs noms souvent magnifiques je répondais, alors qu'il me faisait à nouveau face : "Hum, je dirais plutôt framboise écrasé." Mon cordonnier est resté de marbre. Je crains même qu'il ne m'ait classée dans la catégorie des clientes "à grain" ou "contrariante", voire les deux mon Dieu.

    S'il est des livres à partager ce sont bien les livres à inventaire, s'il est des livres à dérouler le fil des pensées sur un escalier (pour l'esprit du même nom !), à rêver, à sillonner profond ou à survoler léger ce sont bien sûr les livres à la Perec.

    *

    35

    Je me souviens que ma mère prononçait des mots merveilleux comme crêpe de Chine, fil d'Ecosse, ciel de lit, ceinture coulissante, gros-grain, échancrure, pattemouille.

    (p.19)

    59

    Je me souviens que c'est toujours dangereux pour une femme de se promener seule la nuit.

    60

    Je me souviens des James Bond girls, surtout de celles qui savent se battre et manier les armes à feu en longue robe du soir fendue et très décolletée.

    (p.30)

    151

    Je me souviens des sensations du toucher : velouté, soyeux, satiné, laineux, doux, fin, sec, léger, piquant, rêche, gaufré, duveteux, souple, raide, épais, feutré, vaporeux, glissant, mousseux, moelleux, chaud, élastique, lourd, enveloppant.

    (p.67)

    222

    Je me souviens que, depuis la Révolution française, pour s'opposer à l'éclat baroque de l'habit aristocratique, les hommes ont renoncé aux couleurs, dentelles, rubans, poudres et perruques pour l'habit sombre, sobre, austère. Certains historiens ont nommé cette transformation : "le Grand Renoncement".

    (p.97)

    *

      Empruntable dès tout de suite à la médiathèque...

    Nathalie

  • VERS L'ABÎME, Erich Kästner - roman secteur adulte

    LE MOT DE L'EDITEUR :

    En 1931, Erich Kästner, alors au sommet de sa notoriété, publie un roman satirique, Fabian, qui lui vaut les foudres de la critique, prompte à dénoncer l’« immoralité » supposée des œuvres qui osent appeler un chat un chat. Il faut dire qu’il n’y va pas de main morte : son héros s’y livre à une critique féroce du Berlin de la République de Weimar, lieu de toutes les débauches et de tous les compromis. Rien d’étonnant à ce que, dès 1933, l’ouvrage ait été brûlé lors des autodafés décrétés par le régime nazi.

    Pourtant, le livre avait subi la censure d’un éditeur prudent, qui en avait soustrait les audaces les plus éclatantes. Une réédition récente nous permet fort heureusement de redécouvrir Fabian dans une version plus conforme à l’idée initiale de Kästner. On n’en est que plus saisi par l’étrange entre-deux dans lequel se meut le jeune Fabian, désespéré par la veulerie de ses contemporains, pressentant l’approche du désastre, mais incapable d’agir et de s’engager. Un roman décapant, qui parvient à conjuguer l’ironie, la compassion et la poésie singulière d’une modernité déboussolée.

     

     *

    Pour la première fois en Allemagne, & en France grâce à la traductrice Corinna Gepner, nous est donnée l'occasion de découvrir dans son intégralité le chef d'oeuvre méconnu du petit frère en lucidité de Klaus Mann : sombre, évidemment, difficile de ne pas l'être quand le bruit des bottes se rapproche mais impertinent aussi, pétillant (on y retrouve l'humour féroce cher à un autre grand frère de Kästner : le Robert Musil de L'Homme sans qualités) & fort d'une empathie contagieuse qui fait de l'anti-héros de ce roman notre contemporain en sensibilité.

     Je n'aime pas trop les injonctions alors je ne dirai pas que cet ouvrage est à lire d'urgence mais...

    Je laisse plutôt parler sa traductrice française en la remerciant pour cette découverte :

    https://www.youtube.com/watch?v=48RcfxQ1dB0 

    Vers l'abîme, Erich Kästner, traduit de l'allemand, Anne Carrière, 2016.

    Nathalie

  • MARTHA & ALAN, Emmanuel Guibert - BD pour adultes

    Les 2 premiers volets consacrés à la vie d'Alan Ingram Cope vous attendent très patiemment à la médiathèque (en présentation parmi la sélection des invisibles) & le prochain, dont le journal le Monde nous offre les 10 premières pages s'impatiente dans le panier de la prochaine commande...
    Un peu hâte, hâte, hâte.

    En attendant aussi, on peut venir lire le dossier consacré à cette prochaine parution dans le dernier n° de la revue Kaboom.

    Loué soit le talent de cet auteur à l'oeuvre précise & pudique, j'ai dit.

    Nathalie

  • FRANZ, DORA, LA PETITE FILLE & SA POUPÉE, D. Lévy/ T. Romanin - album pour les grands

    Je relis le début d'un article du Monde des livres :

    "A la fin de sa vie, Franz Kafka a été un homme heureux. Les faits sont avérés depuis longtemps. Mais le mythe qui entoure l'auteur du Procès est si puissant et si sombre qu'il rend cette vérité inconcevable. La Splendeur de la vie de l'écrivain allemand Michael Kumpfmüller  la rétablit cependant avec tant de justesse, et une telle puissance, qu'il sera désormais impossible de l'oublier. [...] Il vient d'avoir 40 ans, elle en a tout juste 25. Elle est assise à la table de la cuisine, occupée à vider des poissons. C'est le déclic, la révélation que l'éternel célibataire n'attendait plus."
    Elle, c'est Dora Diamant (magnifique, ça ne s'invente pas un tel nom...), le dernier amour de l'écrivain qui décédera 11 mois après cette rencontre. Même si la disparition des carnets & des lettres, emportés par la Gestapo après la mort de l'écrivain ne permettent pas de le prouver, il semblerait qu'avec Dora, & alors même qu'il se savait condamné dans un avenir proche (tuberculose), Kafka ait trouvé tous les élans qui lui avaient manqués jusqu'alors.

    C'est ainsi qu'on le retrouve dans ce beau texte de Didier Lévy illustré par le trait aquarellé & délicat de Tiziana Romanin : lumineux & calme, concentré à ne pas perdre le peu de souffle qui lui reste.

    Les lettres dont il est question dans Franz, Dora, la petite fille & sa poupée ont disparues elles aussi mais elles ont bien existé, ainsi que l'histoire qui les accompagne, narrée par Dora elle-même dans ses Mémoires. Franz, très affaibli & Dora se promènent au parc. Ils croisent une enfant en pleurs : sa poupée a disparue. Franz trouve immédiatement une consolation pour la jeune Ingrid : sa poupée n'a pas disparue, elle est juste partie en voyage, elle lui a écrit une lettre, lui confiant le soin de la lire à la petite fille. C'est ainsi que commence la rédaction des lettres de la poupée qui s'attarde en voyage, vit & grandit, ne se décide pas à rentrer, rencontre un amoureux, se décide à ne pas rentrer & à envoyer sa dernière lettre alors que Franz sent sa fin venir & qu'Ingrid n'a plus vraiment besoin de sa poupée mais seulement de la vie qui court en elle pour devenir une jeune fille & s'accomplir... "Franz [...] sourit ; lui qui n'est jamais content de ses livres, lui qui veut détruire tous ses manuscrits, il a quand même le sentiment d'avoir réussi quelque chose avec ses mots". 

    Le texte dévoile juste ce qu'il faut, "soleil & douceur", le dessin montre ce qui ne se dit pas, le tout émeut aux larmes.

    A retrouver sur notre catalogue & à la médiathèque...

    Nathalie

  • L'ODEUR DES GARÇONS AFFAMES, Loo Hui Phang/ Frederik Peeters - B.D. adulte

    LE MOT DE L’ÉDITEUR :
     
    L'Ouest sauvage
    Une mission à la dérive
    Un type qui rôde
    Des Indiens tout-puissants
    Un mystère
     
    Et le désir, immense, insolent.
     
    *
     
    Loo Hui Phang, en écrivant L'Odeur des garçons affamés (titre sublime non ?) s'est rendue compte que, ce qui l'interrogeait intimement dans le western, c’était les questions du génocide, de la colonisation, et du genre. L'auteur (plus que scénariste : Peeters lui a demandé une histoire, elle lui en a proposé 3, il a choisi celle-ci : 2 auteurs se sont rencontrés, aux univers convergents) utilise le modèle archétypal du western pour interroger les frontières, mentales & physiques & repenser ce genre ultra-codé jusqu'aux limites de nos paradoxes modernes. Pas étonnant alors de voir surgir le fantastique dans cet album qui a tout pour devenir un classique du hors-norme...
    Le trait de Frederik Peeters, précis, élégant & légèrement lyrique ouvre les portes du fantastique autant qu'il renforce la surprise de son irruption ; il s'accorde à la perfection à ce jeu d'équilibre & de transgression des codes, comme il a déjà  su le faire avec le sublime Lupus pour la Science-Fiction.
    Entrer dans une bande dessinée comme on enfile un vieux pull, entre chien & loup & se laisser saisir par l'étrangeté d'un univers aux multiples échos, n'est-ce pas ce qu'on demande à ce genre frontière & si riche de possibilités ?
     
    Nathalie

  • UN CERTAIN MONDE, Elizabeth Harrower - roman adulte

    LE MOT DE L’ÉDITEUR :

    "C'était une matinée parfaite, d'une beauté originelle, et chaque feuille reflétait le soleil. Le ciel était immense. " Zoe, Russell, Stephen et Anna. Quatre jeunes gens à l'aube de leur existence, dans le Sydney d'après-guerre. Zoe et Russell sont frère et soeur, Anna et Stephen aussi : les uns sont issus d'une lignée qui leur promet un avenir radieux ; les autres doivent surmonter le passé. Mais le destin se plaît à faire mentir les certitudes. Avec une sensibilité digne de Jane Austen, Elizabeth Harrower raconte l'ivresse du grand amour, les désillusions dont on prend la pleine mesure toujours à contretemps. En apparence, elle choisit le prisme de l'infime. Pourtant, une ambition plus ample se dessine dans ce roman bouleversant : écrire la vie.

    Née en 1928 en Australie, Elizabeth Harrower a connu un succès fulgurant dans sa jeunesse avant de tomber dans l'oubli. Traduit pour la première fois en français, Un certain monde révèle aujourd'hui son talent, salué dans le monde entier.

    *

    S'accordant parfaitement au temps suspendu des vacances, ce roman au charme suranné & sans âge m'a évoqué tout ensemble Jane Austen pour son incroyable finesse psychologique & la mise en regard des classes sociales, Anton Tchékhov pour son désenchantement calme (sans ironie), Virginia Woolf pour l'art de mettre en mots des sensations, fugitives ou lancinantes, Jerome David Salinger pour le portrait d'une jeunesse dans les années 40.

    Ecrit en 1971 & remisé au placard par son auteur, estimant, ma foi, "qu'il y a, partout dans le monde, tant de romans morts qui n'avaient pas besoin d'être écrits", Un certain monde est publié pour la première fois en Australie & en France. Une nouveauté, donc, que je conseille chaudement aux amatrices & amateurs des écrivains sus-cités :

    Un certain monde, Elizabeth Harrower, Rivages, 2016.

    Nathalie

  • LES FLEURS DE LA VILLE, Lawson/ Smith - album pour enfants

    LE MOT DE L'EDITEUR :

    Une balade généreuse, hymne à la couleur, à travers la ville.

    Une petite fille tout en rouge marche dans une ville en noir et blanc, avec son papa. Bientôt, elle remarque des taches de couleur ça et là : des fleurs sauvages qui poussent sur le trottoir, entre les pierres ou sur les murs. Elle en fait un bouquet, peu à peu, et la couleur surgit dans la ville tandis que le papa ne voit rien, accroché à son portable.

    Puis la fillette offre ses fleurs une à une, ici à un oiseau mort, là à un homme endormi, plus loin à un chien qui lui donne la patte. Enfin parvenue à la maison, elle en offre à sa maman, à ses frère et sœur. Et la toute dernière, elle la garde pour elle-même, tandis que la couleur (et l’amour) désormais éclaboussent tout le livre.

     

    Un condensé vidéo de l'album qui ne doit pas empêcher de venir voir ou emprunter ce livre sans paroles qui se passe de commentaires...

    Nathalie