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  • LES NOUVEAUX ANCIENS, Kate Tempest - littérature adulte

    "Toutes les divinités résident dans le coeur de l'homme."

    William Blake

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  • L'ORIGINE DU MONDE, Liv Strömquist - BD adultes

    - Instructif, effarant, très drôle.

    - Quoi ? Le sexe féminin ?

    - Non, le livre, m'enfin.

    Une bande dessinée consacrée à la sexualité féminine, fondée sur les théories de toute une galerie de personnages masculins qui ont eu des conséquences dévastatrices sur les femmes : Pères de l'Eglise, psychanalystes, pédagogues, sexologues.
    Une remontée dans le temps pour comprendre le tabou & la honte liés à l'entrejambe des humaines & dédramatiser. A ce titre, l'ouvrage peut s'avérer particulièrement utile aux jeunes filles.
     
    Nathalie
     
     
  • PENSEES SAUVAGES, Henry D. Thoreau - littérature adultes

    Ce petit volume (160 pages) publié par les éditions Le Mot & le reste (qui semblent décidées à proposer de nouvelles traductions, très bien venues de toute l'oeuvre de Thoreau : https://lemotetlereste.com/auteur/henry_david_thoreau) est une sélection de textes issus de Walden, du Journal & des Essais & offre une belle porte d'entrée à la pensée du philosophe américain.

    Selon les mots même de l'éditeur, "le parti pris de cette sélection établie par Michel Granger a été de privilégier l’originalité et la radicalité de ce philosophe transcendantaliste : une critique impitoyable de la société du milieu du XIXe siècle américain, alliée à des propositions pour un autre mode de vie plus respectueux de la nature et de la vie de l’esprit. Thoreau n’est pas un penseur tiède, conformiste ; son point de vue inédit peut servir à analyser les travers de notre époque : il exprime une pensée qui se veut « débridée » — à ne pas confondre avec la décomplexion néolibérale actuelle — et il s’efforce de provoquer la réflexion, d’ébranler les certitudes, de rompre avec la tradition, d’éveiller les consciences."

    Petite mise en bouche :

    Quel genre de cadeau est donc la vie, si nous en perdons le goût & l'authentique saveur ? si, par rapport à notre humeur, nous sommes sans cesse à l'étroit & endettés ? Dans notre état ordinaire, nous n'avons, pour ainsi dire, pas assez d'air pour respirer, & ce déficit déteint sur notre piété ; mais nous devrions en avoir plus qu'assez & respirer à loisir. La pauvreté est la règle. Nous devrions surtout déborder de vigueur comme un cheval solide, & puis avoir l'esprit libre & aventureux de son cavalier ; c.-à-d. que nous devrions avoir une réserve suffisante de souplesse & de force qui nous permettrait à tout moment d'atteindre notre vitesse maximale & de dépasser nos limites ordinaires, tout comme l'invalide loue un cheval.

    (10 août 1857)


    Il est stupide que l'homme accumule surtout des biens matériels, des maisons & des terres. Nos réserves dans la vie, nos vraies possessions, ce sont toutes ces pensées que nous avons eues, que nous avons engendrées. Le terrain que nous avons ainsi créé est à jamais le pâturage de nos pensées. Je retrouve des visions que j'ai déjà eues. Quoi d'autre accroît mes biens pour m'enrichir sous toutes les latitudes ? Si l'on a jamais accompli quelque travail avec ces merveilleux outils que sont l'imagination, la fantaisie & la raison, c'est une création nouvelle, indépendante du monde, & un bien éternel. On a bâti quelque chose pour se prémunir contre les jours de pluie. On a ainsi défriché le monde sauvage.

    (1er mai 1857)

    A retrouver sur le catalogue en ligne & entre les murs de la médiathèque...

    Nathalie

     

  • LA SAGA DE GRIMR, Jérémie Moreau - B. D. pour adultes

    « Je n'ai pas de nom, pas de famille, pas de terres, pas de possessions.
    Pour eux je ne suis personne.

    Mais je vais leur montrer qui je suis.
    Le temps d'une vie.
    Chacun de mes actes comme autant de pierres posées pour construire l'édifice final. »

    Car ce qu'ils ne savent pas, c'est que j'ai un volcan dans l'âme. »

    Islande, 1783. Grimr est orphelin. Or, dans une société dominée par le prestige de la généalogie, son sort n'est pas enviable. Heureusement, il est doté d'une grande force physique qui lui permet de rivaliser avec tous les héros de son île.

    Cœur pur & colère sont-ils conciliables dans le corps d'un seul homme, tout titanesque soit-il ? C'est cette alchimie là qui scelle en tout les cas le destin de ce géant roux au visage de poupin, infiniment touchant, proche, alors même que tout dans son histoire - de sa stature héroïque aux paysages hallucinants qui le voient évoluer - est édifiant comme se doit de l'être une saga. C'est que Jérémie Moreau, on le sent bien, a voulu redonner une dimension humaine au principe de la saga traditionnellement & uniquement portée par l'enchaînement des actions d'un héros.  Pour autant, il n'y a pas de place pour les larmoiements dans la vie de Grimr, sa condition d'orphelin, de paria aussi bien que les forces telluriques d'une île en fusion l'en protègent définitivement.

    Jérémie Moreau nous offre un dessin à l'aquarelle somptueux où le paysage volcanique qui façonne le héros est traité comme un personnage, comme le personnage principal. Sa puissante présence n'occulte pourtant pas celle des humains qui se démènent en son sein & dont le rendu expressif s'harmonise à lui avec une grande délicatesse. 

    Pour tout dire, une bande dessinée attrayante, facile à lire, au grand souffle & portée par un découpage & un dessin d'une grande qualité. Une grande.

    L'auteur explique sa technique ici & commente trois planches .

    L'ouvrage est disponible ou à réserver ici...

     

    Nathalie

  • ALGORITHME ÉPONYME & autres textes, Babouillec - Poésie

    "J'appartiens à une espèce en voie d'apparition".

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  • LES JOURS, LES MOIS, LES ANNÉES, Yan Lianke - roman pour adultes

    LE MOT DE L’ÉDITEUR :

    Une terrible sécheresse contraint la population d'un petit village de montagne à fuir vers des contrées plus clémentes. Incapable de marcher des jours durant, un vieil homme demeure, en compagnie d'un chien aveugle, à veiller sur un unique pied de maïs. Dès lors, pour l'aïeul comme pour la bête, chaque jour vécu sera une victoire sur la mort.
    Ce livre est d'une force et d'une beauté à la mesure du paysage aride, de cette plaine couronnée de montagnes dénudées où flamboie un soleil omniprésent. Le roman de Yan Lianke est un hymne à la vie. La fragilité et la puissance de la vie, et la volonté obstinée de l'homme de la faire germer, de l'entretenir, d'en assurer la transmission. C'est un acte de foi, aux confins du conte et du chant, à la langue entêtante, comme jaillie de la nuit des temps ou des profondeurs les plus intimes de l'être.

    *

    "Il porta son regard le plus loin possible. Il vit, entre deux faîtes, le soleil disparaître, englouti derrière une troisième cime. Restait un flot rouge brillant, s'écoulant du haut vers le bas de la montagne, se déversant jusque auprès de lui. Le monde entier se tut instantanément. C'était l'heure du silence le plus intense, entre le déclin du jour et la tombée de la nuit. A cet instant-là, autrefois, on voyait les coqs monter sur leurs supports et les moineaux rentrer au nid, le monde s'emplissait d'une pluie de gazouillis. Mais aujourd'hui on ne voyait plus rien, ni bétail ni moineau, même les corbeaux avaient fui la sécheresse. Il n'y avait plus que le silence. L'horizon rouge du couchant se faisait de plus en plus mince et l'aïeul entendait le froissement des rayons qui se retiraient comme un pan de soie. Ramassant les grains émiettés au creux de la pierre, il songea qu'une journée encore venait de s'achever, et qu'il ignorait comment il pourrait passer la suivante."

    "Il caressait son chien, le long de la colonne vertébrale jusqu'à la queue, puis recommençait depuis la tête. La bête ne pleurait plus. L'homme caressait d'une main, le chien lui léchait l'autre. Cette nuit-là, ils se sentirent soudain inextricablement liés par un sentiment dont la douceur les envahit, les inonda tous deux.
    Il dit, l'aveugle, marions-nous, d'accord ? Avec un compagnon, la vie est plus savoureuse.
    Le chien lui lécha copieusement la main.
    Il dit, je ne vivrai plus très longtemps, si tu peux m'accompagner jusque-là, alors j'aurai une belle mort.
    Et le chien se mit à lui lécher le poignet, à grands coups de langue, comme si la distance des doigts au poignet s'était extraordinairement allongée."

    *

    Pour aller plus loin :

     Les jours, les mois, les années, YAN Lianke, traduit par Brigitte Guilbaud, Picquier, 2009.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-rue89-culture/20090301.RUE8654/apres-deux-romans-interdits-un-livre-prime-du-chinois-yan-lianke.html

    Nathalie

  • MISE EN GARDE, Klaus Mann - essais

    Quand l'imagination manque de vigueur, la bienveillance envers autrui est toujours superficielle & éphémère.

     

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  • MANUEL A L'USAGE DES FEMMES DE MÉNAGE, Lucia Berlin - littérature adulte

     Elle avait de l'esprit, reconnais-le.

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  • TIM GINGER, Julian Hanshaw - BD pour adultes

    LE MOT DE L'EDITEUR :

    Ancien pilote d’essai, Tim Ginger passe sa retraite dans une caravane située dans un camping du Nouveau-Mexique. Même s’il est passionné de cricket, sujet de son prochain livre, Tim passe le plus clair de son temps dans ses souvenirs qu’il égrène avec mélancolie, essayant de faire le deuil de sa femme Susan disparue dans un accident et qu’il aimait d’un profond amour.
    Son agent littéraire le contacte de nouveau afin de lancer la promotion de son livre qu’il a écrit sur son expérience de pilote d’essai pour le gouvernement. Il va devoir quitter sa zone de confort et cette situation le fragilise. Il y a dans sa conscience quelque chose qui l’éloigne parfois du monde réel, comme s’il s’envolait de nouveau dans ces cieux qu’il a tant de fois parcourus à bord de son jet et qui le projetait dans un état de transe. Jusqu’à son accident d’avion qui a failli lui coûter la vie.
    Pour la promotion de son livre, il doit participer à une convention avec d’autres auteurs. À cette occasion, un journaliste spécialiste des ovnis le harcèle pour qu’il révèle certaines informations cachées l’accusant de complot avec la CIA. Par hasard, il y rencontre Anna, une connaissance de l’époque de Susan et de ses missions de pilote, qui, elle aussi, signe son propre ouvrage.
    En prenant un verre avec elle, il découvre avec étonnement qu’elle écrit un livre où elle rassemble sous forme de petites bandes dessinées des témoignages de personnes qui ont décidé de ne pas avoir d’enfants. Cette coïncidence le trouble particulièrement le replongeant à l’époque où avec sa femme ils avaient eu ce choix assumé qui choquait néanmoins leurs amis. Avec cette rencontre c’est toute sa nouvelle vie de reclus et ses certitudes qui sont remises en question.

    *

    Tim Ginger a la lenteur de ceux qui ne cherchent plus. On peut croire le personnage désabusé au début. Pris dans une forme de renoncement. & puis l'on comprend que le bonhomme n'a jamais vécu dans l'illusion. C'est juste qu'il a tout eu déjà, du grand amour aux vérités transcendentales. Le premier n'est plus de ce monde ; quant aux deuxièmes, elles semblent inciter à mener son temps sur terre exactement comme il le fait & comme il conseille de le faire au journaliste conspirationniste qui lui reproche en pleine conférence de garder pour lui un secret d'origine extraterrestre découvert lors de l'une de ses opérations de pilote de ligne :

    "J'ai vu des choses dont, à juste titre ou non, je ne suis pas libre de parler. C'est tout. J'ai prêté serment & je suis au moins un homme de parole. Désolé. & puis, franchement, Karl, que feriez-vous de ces informations si je vous laissais me convaincre de divulguer ce que je sais ? Vous abandonneriez tout pour filer dans le désert & vivre dans une grotte ? Parce que c'est à peu près ce que j'ai fait. & croyez-moi, Karl, c'est sacrément pénible de se sentir aussi seul. 

    Vous voulez savoir toute la vérité, Karl ? Sur l'univers. & continuer de faire la queue au supermarché. Ou attendre au téléphone la réponse d'un centre d'appel situé à l'autre bout du monde ? Pourquoi ne pas vous suicider ? Avancer le moment de l'illumination. Anticiper sa venue. Comme la secte Heaven's gate. Ou peut-être est-ce trop extrême ? & vous savez quoi, Karl ? Le comble ? Les dirigeants ne sont pas plus malins que vous. Croyez-moi. Ils n'en reviennent pas que la société ronronne de cette façon. Sans émeutes dans les rues. Ils font leurs quatre ans. Se remplissent les poches. Se choisissent un bon job pour plus tard. & prient pour que rien ne foire pendant leur mandat. On s'inquiète trop. Je m'inquiète encore trop. Il y a déjà trop d'informations là-bas. Vivez la vie que vous aimez, Karl. Choisissez votre Dieu. & ne prenez pas tout trop au sérieux."

    (p.116-118)

    Premier roman graphique publié en français de cet auteur anglais, Tim Ginger charme par son anti-conformisme tranquille & une profondeur de vue qui vous pénètre sans en avoir l'air & vous habite longtemps.

    Lisible &/ou empruntable à la médiathèque

    Nathalie