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  • LES JOURS, LES MOIS, LES ANNÉES, Yan Lianke - roman pour adultes

    LE MOT DE L’ÉDITEUR :

    Une terrible sécheresse contraint la population d'un petit village de montagne à fuir vers des contrées plus clémentes. Incapable de marcher des jours durant, un vieil homme demeure, en compagnie d'un chien aveugle, à veiller sur un unique pied de maïs. Dès lors, pour l'aïeul comme pour la bête, chaque jour vécu sera une victoire sur la mort.
    Ce livre est d'une force et d'une beauté à la mesure du paysage aride, de cette plaine couronnée de montagnes dénudées où flamboie un soleil omniprésent. Le roman de Yan Lianke est un hymne à la vie. La fragilité et la puissance de la vie, et la volonté obstinée de l'homme de la faire germer, de l'entretenir, d'en assurer la transmission. C'est un acte de foi, aux confins du conte et du chant, à la langue entêtante, comme jaillie de la nuit des temps ou des profondeurs les plus intimes de l'être.

    *

    "Il porta son regard le plus loin possible. Il vit, entre deux faîtes, le soleil disparaître, englouti derrière une troisième cime. Restait un flot rouge brillant, s'écoulant du haut vers le bas de la montagne, se déversant jusque auprès de lui. Le monde entier se tut instantanément. C'était l'heure du silence le plus intense, entre le déclin du jour et la tombée de la nuit. A cet instant-là, autrefois, on voyait les coqs monter sur leurs supports et les moineaux rentrer au nid, le monde s'emplissait d'une pluie de gazouillis. Mais aujourd'hui on ne voyait plus rien, ni bétail ni moineau, même les corbeaux avaient fui la sécheresse. Il n'y avait plus que le silence. L'horizon rouge du couchant se faisait de plus en plus mince et l'aïeul entendait le froissement des rayons qui se retiraient comme un pan de soie. Ramassant les grains émiettés au creux de la pierre, il songea qu'une journée encore venait de s'achever, et qu'il ignorait comment il pourrait passer la suivante."

    "Il caressait son chien, le long de la colonne vertébrale jusqu'à la queue, puis recommençait depuis la tête. La bête ne pleurait plus. L'homme caressait d'une main, le chien lui léchait l'autre. Cette nuit-là, ils se sentirent soudain inextricablement liés par un sentiment dont la douceur les envahit, les inonda tous deux.
    Il dit, l'aveugle, marions-nous, d'accord ? Avec un compagnon, la vie est plus savoureuse.
    Le chien lui lécha copieusement la main.
    Il dit, je ne vivrai plus très longtemps, si tu peux m'accompagner jusque-là, alors j'aurai une belle mort.
    Et le chien se mit à lui lécher le poignet, à grands coups de langue, comme si la distance des doigts au poignet s'était extraordinairement allongée."

    *

    Pour aller plus loin :

     Les jours, les mois, les années, YAN Lianke, traduit par Brigitte Guilbaud, Picquier, 2009.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-rue89-culture/20090301.RUE8654/apres-deux-romans-interdits-un-livre-prime-du-chinois-yan-lianke.html

    Nathalie

  • MISE EN GARDE, Klaus Mann - essais

    Quand l'imagination manque de vigueur, la bienveillance envers autrui est toujours superficielle & éphémère.

     

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  • MANUEL A L'USAGE DES FEMMES DE MÉNAGE, Lucia Berlin - littérature adulte

     Elle avait de l'esprit, reconnais-le.

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  • ALGORITHME ÉPONYME & autres textes, Babouillec - Poésie

    "J'appartiens à une espèce en voie d'apparition".

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  • TIM GINGER, Julian Hanshaw - BD pour adultes

    LE MOT DE L'EDITEUR :

    Ancien pilote d’essai, Tim Ginger passe sa retraite dans une caravane située dans un camping du Nouveau-Mexique. Même s’il est passionné de cricket, sujet de son prochain livre, Tim passe le plus clair de son temps dans ses souvenirs qu’il égrène avec mélancolie, essayant de faire le deuil de sa femme Susan disparue dans un accident et qu’il aimait d’un profond amour.
    Son agent littéraire le contacte de nouveau afin de lancer la promotion de son livre qu’il a écrit sur son expérience de pilote d’essai pour le gouvernement. Il va devoir quitter sa zone de confort et cette situation le fragilise. Il y a dans sa conscience quelque chose qui l’éloigne parfois du monde réel, comme s’il s’envolait de nouveau dans ces cieux qu’il a tant de fois parcourus à bord de son jet et qui le projetait dans un état de transe. Jusqu’à son accident d’avion qui a failli lui coûter la vie.
    Pour la promotion de son livre, il doit participer à une convention avec d’autres auteurs. À cette occasion, un journaliste spécialiste des ovnis le harcèle pour qu’il révèle certaines informations cachées l’accusant de complot avec la CIA. Par hasard, il y rencontre Anna, une connaissance de l’époque de Susan et de ses missions de pilote, qui, elle aussi, signe son propre ouvrage.
    En prenant un verre avec elle, il découvre avec étonnement qu’elle écrit un livre où elle rassemble sous forme de petites bandes dessinées des témoignages de personnes qui ont décidé de ne pas avoir d’enfants. Cette coïncidence le trouble particulièrement le replongeant à l’époque où avec sa femme ils avaient eu ce choix assumé qui choquait néanmoins leurs amis. Avec cette rencontre c’est toute sa nouvelle vie de reclus et ses certitudes qui sont remises en question.

    *

    Tim Ginger a la lenteur de ceux qui ne cherchent plus. On peut croire le personnage désabusé au début. Pris dans une forme de renoncement. & puis l'on comprend que le bonhomme n'a jamais vécu dans l'illusion. C'est juste qu'il a tout eu déjà, du grand amour aux vérités transcendentales. Le premier n'est plus de ce monde ; quant aux deuxièmes, elles semblent inciter à mener son temps sur terre exactement comme il le fait & comme il conseille de le faire au journaliste conspirationniste qui lui reproche en pleine conférence de garder pour lui un secret d'origine extraterrestre découvert lors de l'une de ses opérations de pilote de ligne :

    "J'ai vu des choses dont, à juste titre ou non, je ne suis pas libre de parler. C'est tout. J'ai prêté serment & je suis au moins un homme de parole. Désolé. & puis, franchement, Karl, que feriez-vous de ces informations si je vous laissais me convaincre de divulguer ce que je sais ? Vous abandonneriez tout pour filer dans le désert & vivre dans une grotte ? Parce que c'est à peu près ce que j'ai fait. & croyez-moi, Karl, c'est sacrément pénible de se sentir aussi seul. 

    Vous voulez savoir toute la vérité, Karl ? Sur l'univers. & continuer de faire la queue au supermarché. Ou attendre au téléphone la réponse d'un centre d'appel situé à l'autre bout du monde ? Pourquoi ne pas vous suicider ? Avancer le moment de l'illumination. Anticiper sa venue. Comme la secte Heaven's gate. Ou peut-être est-ce trop extrême ? & vous savez quoi, Karl ? Le comble ? Les dirigeants ne sont pas plus malins que vous. Croyez-moi. Ils n'en reviennent pas que la société ronronne de cette façon. Sans émeutes dans les rues. Ils font leurs quatre ans. Se remplissent les poches. Se choisissent un bon job pour plus tard. & prient pour que rien ne foire pendant leur mandat. On s'inquiète trop. Je m'inquiète encore trop. Il y a déjà trop d'informations là-bas. Vivez la vie que vous aimez, Karl. Choisissez votre Dieu. & ne prenez pas tout trop au sérieux."

    (p.116-118)

    Premier roman graphique publié en français de cet auteur anglais, Tim Ginger charme par son anti-conformisme tranquille & une profondeur de vue qui vous pénètre sans en avoir l'air & vous habite longtemps.

    Lisible &/ou empruntable à la médiathèque

    Nathalie

  • LES AVENTURES DE HUCKLEBERRY FINN, Mark Twain - roman

        Plusieurs fois, au cours de ma lecture des Aventures de Tom Sawyer, je me suis demandée s'il ne s'agissait pas d'une relecture, tant certaines scènes me semblaient familières. Sauf que je savais que je ne les avais jamais lues. Alors, oui, ça ne pouvait être que cela, je connaissais les facéties du gamin du Sud par le dessin animé japonais qui passait en feuilleton à la télévision quand j'étais enfant... & je retrouvais,  intact, le plaisir  de ces aventures d'un autre temps/ autre lieu, des efforts extravagants déployés par Tom pour rendre la vie plus attrayante, tellement plus excitante que les promesses de Paradis assujetties au devoir moral & à l'obéissance.

    Avec la surprise & le bonheur nouveau de découvrir une langue riche, orale, au plus proche des gens décrits, retranscrite à merveille par le traducteur : même en français, on "sent" les différents niveaux de langue & de style propre à chacun-e, on voit les mots écorchés de Tom & de son pote Huck comme autant de réajustements du réel, plutôt que comme un marqueur social. Car c'est bien de cela qu'il s'agit dans les Aventures de Tom Sawyer comme dans celles de Huckleberry Finn, & qui place ce dyptique haut dans l'histoire de la littérature : une vision du monde & de la vie nous est offerte, nous est donnée en actes & en paroles.

    Une vision courageuse, quoiqu'en disent d'aucuns : Mark Twain est de son temps, excusez lapalissade mais justement, il donne à lire en 1884 l'histoire d'un enfant blanc miséreux, maltraité par son père & d'un esclave que sa maîtresse s'apprête à vendre à l'autre bout du pays en l'éloignant de sa femme & de leur progéniture, tous deux en fuite & que le hasard réunit, compagnons d'infortune associant leurs bons coeurs & leurs talents pour retrouver chacun leur liberté (voir plus bas l'interview du traducteur Bernard Hoepffner sur la question raciale).

    Les Aventures de Huckleberry Finn est avant tout l'apprentissage par soi-même, au simple contact de l'autre qu'on croyait littéralement bête (non humain) & avec pour toute jauge son coeur de petit d'homme & son expérience de la vie, de l'antiracisme.

    Une vision romantique, par le personnage de Tom, qui a dû lire les romans d'Alexandre Dumas & de Stendhal & va jusqu'à retarder dangeureusement l'évasion de Jim l'esclave pour l'amour du risque & du beau geste, mais aussi libertaire ou plutôt cynique, pour remonter à une référence plus lointaine : Huck, à la fin des Aventures de Tom Sawyer s'enfuit de la maison qui l'a accueilli pour retourner dormir dans un tonneau que ne renierait pas Diogène & il lègue sa part du trésor trouvé avec Tom au juge qui le gère pour lui. Ce qui lui importe est ce sentiment de légèreté qu'il ne saurait trouver que dans ses pieds nus & la permanence du ciel étoilé bénissant ses nuits...

    Quant à sa conscience, si elle le travaille tout le temps de son escapade avec Jim le long du Mississipi, partagé qu'il est entre le bien agir qu'on lui a appris & ce que son bon sens lui dicte, le menant en bourrique, piège à impuissance, sa grande sagesse lui permet finalement de se laisser traverser sans broncher, pour ne pas pas perdre ses forces vives :

    Mais c'est toujours comme ça ; qu'on fasse le bien ou qu'on fasse le mal, c'est du pareil au même, la conscience de quelqu'un, elle a pas de sens, elle s'empare de lui de toute façon. Si j'avais un de ces chiens jaunes de Caroline qu'en sait pas plus que ce que sait une conscience, je le poisonnerais. Ca prend plus de place que tout le reste, à l'intérieur, & pourtant ça sert à rien, mais à rien. Tom Sawyer, il dit pareil. 

    (p.352)

    Il est bon de commencer sa lecture par les Aventures de Tom Sawyer, manière de raviver des sensations enfantines, rythme effrénné, mortel ennui, ambiance sudiste mais je dois avouer que la révélation s'est réellement produite en entamant les Aventures de Huckleberry Finn qui, derrière la jouissance inentamée de l'aventure, révèle une vraie réflexion sur l'âme humaine, la relation à l'autre & la liberté.

    Une interview du traducteur par le Nouvel Obs'

    De Mark Twain à la médiathèque

    Nathalie

  • 76 CLOCHARDS CELESTES OU PRESQUE, Thomas Viniau - littérature adulte

    La quatrième de couverture dit :

    Le clochard céleste ne dort pas sous la cloche du ciel, il dort dans le ciel, directement. Il dort, mange, boit, chie du ciel, mais il sent toujours la bête, ce mélange d'étoiles et de boue. Ces textes constituent une galerie de sales types, de déglingués et d'allumés, de borderline et bords de route. Des types à qui je ne confierais pas mes enfants mais qui ont plus d'une fois recueilli mon cœur malade derrière les ongles noirs de leurs mots, de leurs musiques, de leurs arts. Des hommes qui, en tombant, ont fait du bien aux autres. Des femmes qui ont sculpté, dans les sucs abjects de l'humanité, les doudous de nos petites nuits tristes. Ils n'ont pas renoncé. Ils n'ont la plupart du temps pas eu trop de chance non plus. Ils ont bringuebalé, sublimes et admirables, crevards dégénérés jusqu'à nos yeux blessés. Ils étaient peut-être malades, mais ce sont eux qui nous ont soignés de beauté, la vraie, la pure, celle qui ne renonce à aucune réalité.

    *

    Rimbaud tendait des chaînes d'or d'étoile à étoile & dansait, Thomas Vinau accroche ses clochards de prédilection sur la page comme autant de lampions dans nos nuits & l'on danse. On est contents  de lire le portrait tout personnel, hyper elliptique & percutant de certains très connus, contents de voir que d'autres secrètement adorés n'ont pas été oubliés, contents d'en découvrir plein : la nuit n'a pas fini de s'éclairer, des frères, des sœurs (si peu pourtant, attendez, je compte, 4, la clochardisation, céleste ou non serait-elle un penchant plutôt masculin ?) de survie, de fatigue & d'illuminations.

    Un livre à picorer donc, un livre qui ouvre la porte à d'autres livres mais pas que : si les écrivains sont présents, on trouve beaucoup de musiciens dans ce dictionnaire troué, de Chet Baker à Robert Wyatt en passant par Karen Dalton.

    *

    Chet Baker justement : "Il faut écouter la douceur avec laquelle cet homme a brûlé." (p.36)

    Ou : " Robert Walser est un promeneur céleste. C'est un aventurier du minuscule. Un explorateur de l'évanescent. Après ses études, Robert Walser a tenté quelques métiers (domestique, employé, secrétaire), mais dès ses premiers succès littéraires d'estime, il cessa de travailler pour se consacrer à ses trois passions : écrire, marcher & disparaître." (p.180)

    Ou encore : "Dado travaille les pierres à l'intérieur des ventres, & les ventres à l'intérieur des pierres. Il se rapproche du graffiti en peignant les murs de son moulin, d'un vieux blockhaus ou d'une ancienne léproserie. Il dit du mot oeuvre qu'il est ridicule & prétentieux, & que son seul travail est d'aller chercher son petit-fils à l'école." (p.67)

    *

    http://www.castorastral.com/livre/76-clochards-celestes-presque/ 

    http://mediathequedeguer.opac3d.fr/search.php?action=Basket&method=admin_view_html&pid=5505

    Nathalie

  • CUL DE SAC, Richard Thompson - BD

    Le mot de l'éditeur :

    De l'autre côté de la Grande Muraille du Silence qui sépare la ville de la banlieue résidentielle, à côté de la voie Cul de Sac, pas loin de la place Cul de Sac, tout près de l'avenue Cul de Sac, se trouve une petite rue appelée Cul de Sac. C'est là que vivent les Otterloop : Alice, petite fille de 4 ans dont le caractère oscille entre candeur et despotisme, Petey, son grand frère, dont la vie est essentiellement rythmée par ses saignements de nez, ses phobies compulsives et ses bandes dessinées, et leurs deux parents. Peter et Madeline.

    Initialement publiée dans le prestigieux Washington Post dès 2004, la série de strips Cul de sac fut rapidement consacrée comme l'une des plus grandes réalisations du genre par ses pairs. Présenté par Art Spiegelman (Maus) comme le digne héritier de Bill Watterson(Calvin et Hobbes), Richard Thompson a remporté en 2015 l'Eisner Award de la Meilleure Publication Humoristique.

    *

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    Premier (gros) volume d'une intégrale (oui, intégrale, définitive, Richard Thompson est décédé en juillet 2016 à pas même 60 ans de la maladie de Parkinson), un volume soigné, format à l'italienne, un pavé, ou une belle brique, de celles lancées par le satané Ignatz Mouse à Krazy Kat dans le sunday strip de l'incontournable George Herriman dont se revendiquent tous les bons auteurs de strips (waouaw, elle est longue cette phrase, c'est même pas une vraie phrase d'ailleurs, dois-je cesser de lire des comic strips ?). D'ailleurs, je mettrais bien ma main à couper que ces deux-là se sont vite retrouvés au paradis des auteurs de strips, quelque part entre la Grande Muraille du Silence & le comté de Coconino, qu'ils se lancent des briques avec amour, sucent du jus de moufle, dessinent des sourires sur des cailloux comme Alice ou passent leurs journées à lire Little Neuro sur leur lit comme son grand frère Petey.

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    Krazy Kat, George Herriman

     Quant au papa de Calvin & Hobbes, il est allé jusqu'à sortir de sa réserve légendaire pour accepter une conversation avec son frère en humour dominical (un an de différence entre les deux lascars) pour le magazine Kaboom (qui vient de cesser ses parutions alors que la médiathèque venait de s'abonner... le n° 14 retranscrivant la conversation est cependant bien là, ouf), conversation dont il signe également l'introduction : "Le récit évite tout autant le sentimentalisme que le cynisme, & propose au contraire une peinture aussi loufoque que personnelle du quotidien. Or, très peu de strips savent jouer cette partition avec autant de subtilité."

    & patati & patata, je ne vais pas m'esquinter à tout vous raconter non plus parce que de toutes façons IL FAUT LIRE CUL DE SAC (aïe, je sens que l'inconséquente tyrannie d'Alice est entrée en moi) & que je vous mets en lien tout ce qu'il faut :

    à la médiathèque

    les premières pages

    Ah si, quand même, un dernier mot, du préfacier prestigieux Art Spiegelman : "Thompson décrit ce qu'il reste de l'enfance (la puberté apparaît un peu plus tôt chaque année et l'Age de Déraison adulte débute dès que les enfants ont appris à devenir de bons petits consommateurs) dans ce qu'il reste de la presse écrite."

     THAT'S ALL FOLKS !

    Nathalie

  • DODGERS, Bill Beverly - roman policier

    LE MOT DE L'EDITEUR : 

    East, quinze ans, est chef des guetteurs devant la taule, une maison où l’on vend et consomme de la dope, dans un ghetto de Los Angeles.

    On ne saura jamais pourquoi ni comment, car la petite bande n’a rien vu venir, mais un jour les flics débarquent.

    La taule est fermée, East doit se racheter.

    En allant dans le Wisconsin éliminer un juge, témoin compromettant. Accompagné de son frère Ty, douze ans et complètement fêlé, d’un pseudo-étudiant et d’un gros plutôt futé. Sans armes, avec de faux papiers et quelques dollars en poche.

    À bord du monospace bleu pouilleux qui quitte le soleil californien pour le froid des Grands Lacs, l’ambiance est de plus en plus crispée. Et, à l’arrivée, rien ne se passera comme prévu.

    Roman noir écrit au cordeau, voyage initiatique qui infléchit les destinées, Dodgers fait penser à The Wire et à Clockers. Mieux : il y a là une tonalité poignante, une poésie tragique, un je-ne-sais-quoi d’électrisant tout à fait uniques.

     

    Bill Beverly a grandi à Kalamazoo (Michigan) et fait ses études à l’Université de Floride. Il enseigne la littérature américaine à la Trinity Washington University et vit dans le Maryland. Dodgers est son premier roman.

    Traduit de l’anglais (États-Unis) par Samuel Todd

    *

    A la fin de Dodgers, le jeune East reprend la route dans la Lincoln grise qu'on lui a prêtée pour rentrer au bercail : il a six jours pour filer le plus loin possible, toujours plus vers l'Est, je le regarde filer & mes yeux continuent de se perdre longtemps sur la ligne d'horizon qui l'a vue disparaître. C'est ce qui a dû arriver à Bill Beverly à la fin de la lecture du roman de Richard Price, Clockers, au point de créer un personnage proche du jeune vendeur noir de drogue dans les rues d'une banlieue de New York & de lui offrir une porte de sortie. 

    La tentation est grande, en effet, d'inventer un souffle d'air, une bagnole, un peu de douceur pour ces gosses qui ne sont rois que d'un coin de rue & n'ont jamais quitté leur quartier. On les retrouve, ces gosses, dans la série américaine Sur écoute (The Wire) devenue culte & dont le scénario de certains épisodes est justement assuré par Richard Price ou l'excellent George Pelecanos.

    Toutes ces références sont à retrouver à la médiathèque...

    Nathalie