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miam miam - Page 3

  • NUITS SANS SOMMEIL, Elizabeth Hardwick - livre adulte

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    ou la méditation fragmentée d'une vie

    Présentation de l'éditeur

    Entre fiction et réalité, passé et présent, Elizabeth Hardwick retrace et romance sa propre existence dans cette fresque pointilliste qui recrée pour nous l'univers intellectuel de la côte est des États-Unis de 1940 à 1970. Les souvenirs émergent au fil de la plume et racontent une vie de voyages, de lectures et de rencontres. Ces réminiscences sont notamment l'occasion de portraits sensibles et profonds, de Josette et Ida, ses femmes de ménage, jusqu'à l'inoubliable Billie Holiday. Préoccupée particulièrement par le « tourment des relations personnelles », elle nous entraîne au plus près de l'intime.

    Nuits sans sommeil frappe par sa sensibilité à la fois éclatante et douloureuse, par la beauté du style d'une auteure encore trop mal connue en France.

    Joan Didion, auteure de la préface :

    "[...] nous est offerte l'observation précise d'inconnus rencontrés en chemin, l'étude minutieuse de leurs rituels. Il s'agit de vignettes, d'évocations, d'histoires apparemment décousues."

    Extrait :

    (La narratrice rend une visite à Billie Holiday dans une rue de Harlem) " Lady Day est un peu en retard. Elle travaille trop. Grognements et toux en provenance de la chambre. Dans la lumière voilée d'abat-jour pêche, on distinguait le rose blafard d'un divan défoncé. Un coquillage gardant l'empreinte nacrée d'un crustacé, rempli de mégots. Un bas de soie sur le plancher. Et le tourne-disque, encore et encore, diffusant l'éclatant soutien de son chant. Fumée, parfum et quelque part un cœur qui bat." (p.55)

    Nathalie

  • DEVENIR CARVER, Rodolphe Barry - biographie

    Carver a réussi ce que seuls quelques-uns ont accompli : il a créé un pays à lui. Un pays reconnaissable entre tous.

    (New York Times Book Review)

     

     (Cliquez sur l'image!)     

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    Sur la tombe de Raymond Carver sont gravés ces mots du Poète, Nouvelliste, Essayiste américain :

     

    FRAGMENT TARDIF

     

    Alors as-tu trouvé

    ce que tu cherchais dans cette vie, malgré tout ?

    Oui.

    Et que voulais-tu ?

    Pouvoir me dire bien-aimé, me sentir

    bien-aimé sur la terre

     

    Rodolphe Barry retranscrit ces mots à la fin de sa biographie et, arrivé au terme de cette lecture, il est aisé de croire que le vœu de Carver fut exaucé : l'écriture de Barry, sobre, presque maladroite dans son souci de cerner au plus près et au plus vrai ce grand gaillard écorché sait nous le rendre infiniment proche et infiniment touchant. 

    50 ans : Carver n'a pas vécu longtemps mais il a connu et traversé ce qu'il faut pour trouver au bout du chemin la plénitude, jusqu'à une première mort, ou presque, à 40 ans quand le démon de l'alcool a manqué le terrasser. Ce qui relie ces deux vies et a permis sans doute de tuer définitivement "Mister Whiskey" est l'écriture, son besoin impérieux, une écriture qu'on a dite "à l'os" (voir à ce propos le conflit avec son éditeur détaillé par Barry, passionnant) mais qui, à l'instar de son maître en littérature, Tchekhov, avait surtout le don de s'ajuster aux drames quotidiens qui sont aussi les plus intimes, de les décrire dans une exactitude proche de l'étrange, sans les juger : la vie de ses personnages était la sienne aussi bien. 

    Ce que je peux dire à propos de mes écrits tient en trois mots : Entrer. Sortir. Ne pas s'attarder. Ou en trois lignes : une expérience de la vie et des hommes, un certain sens de l'observation et de l'écoute, des mots utilisés dans leur sens le plus plein et dans leur application la plus exacte, le tout animé par la force de la vie, aussi noire soit-elle. Et avoir l'étincelle. Car celui qui a l'étincelle peut se tromper, n'avoir pas de succès, mais se sauver chaque jour. L'étincelle, c'est ce qui permet de passer de la vie à l'art.

    (p. 239)

    *

    Je ne crois pas qu'il faille avoir lu Carver pour apprécier Devenir Carver. Par contre, mieux vaut avoir sous la main, pour la suite, quelques volumes de son oeuvre... Ça tombe bien, vous trouverez à la médiathèque : 

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     On avait le sentiment bizarre qu'il pouvait arriver n'importe quoi  maintenant qu'on s'était rendu compte que tout était fichu.

     Qu'ils soient abandonnés ou entourés de leur famille, les personnages  des nouvelles de Carver sont irrémédiablement seuls. Ils trompent,  boivent, perdent parfois les pédales. Loin de vivre la vie dont ils  avaient rêvé, ils ne vont nulle part mais peu d'entre eux ont le  courage de se l'avouer. Ces vies sont rendues ici dans leur vérité la  plus exemplaire, puisque Débutants est le manuscrit original de  Parlez-moi d'amour, paru en 1981 après avoir été amputé de moitié  par son éditeur. Il est ici restitué dans sa version intégrale.

     

     *

     Cinq nouvelles retrouvées onze ans après la mort de R. Carver. Elles reprennent les grands thèmes de l'écrivain américain : la séparation, la dépendance, le mensonge, etc. :

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    Des histoires tantôt tragiques, tantôt comiques, ou les deux à la fois, dont les héros n'appartiennent ni à la caste des rois ni à la caste des valets. Ce sont des "gens" : une serveuse de restaurant, un chômeur, un père anxieux, une femme divorcée... Les textes de ce recueil ont fait l'objet d'une adaptation à l'écran par R. Altman (Short Cuts) :

        

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    Nathalie.

  • L’UNIVERSITÉ DE REBIBBIA, Goliarda Sapienza - récit

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    Qu'est-ce que la beauté, sinon de la cohérence ?

    *

    Il y a d'abord le regard de cette femme sur la couverture, fatigué et souriant, qui semble revenir de loin mais aurait fait en route le plein d'amour, de bienveillance, comme la seule chose qui reste, commune, quand tout a été saccagé.

    Cette femme, c'est donc Goliarda Sapienza (non, ce n'est pas un pseudonyme, ça ne s'invente pas un nom pareil!), née en 1924 en Sicile dans une famille socialo-anarchiste.

    Sa vie tumultueuse et originale s'essouffle en 1980 quand son grand roman L'Art de la joie, qu'elle a mis 10 ans à finir se voit refusé par tous les éditeurs. Un acte un peu insensé, un peu obscur dans ses intentions (vol de bijoux) l’envoie alors dans la plus grande prison pour femmes de Rome, Rebibbia.

    C'est l'occasion pour cette femme moralement épuisée de paradoxalement renaître en ce lieu d'enfermement mais qui reste le seul à savoir rassembler des humains (humaines en l'occurrence ici!) d'origines sociales disparates ; le lieu d'application possible, en sorte de l'utopie socialo-anarchiste qui l'habite depuis les origines... Et ce qui va souder entre elles ces femmes si différentes (junkies, gitanes, politiques,...), du moins le temps de ce récit, c'est-à-dire dans la vision qui nous est offerte là, c'est la capacité d'accueil et de compréhension de Goliarda "la sage".

    "Pour connaître un pays, il faut connaître ses écoles, ses asiles et ses prisons. [...] Je voulais seulement, en entrant ici, prendre le pouls de notre pays, savoir à quel point en sont les choses " aurait-elle confié à un journaliste à propos de son séjour à "l'université de Rebibbia".

    C'est bien cela que nous trouvons à la lecture de ce récit : le battement de cœur d'un pays en pleines années de plomb ; mais aussi un concentré d'humanité aux figures contrastées, éclatantes et toutes émouvantes et le regard d'une femme  qui a laissé sans regrets ses parures au vestiaire et trouve au milieu de ses sœurs de misère l'occasion d'un amendement.

     

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     Pour voir une vidéo de l'écrivain, cliquez sur l'image (en italien seulement!)

     

    *

    L'Université de Rebibbia, Goliarda Sapienza, Le Tripode, 2013

    vient d'arriver à la médiathèque et son roman L'Art de la joie est également disponible.

     

     "Tandis que l'on marche d'un pas rapide (il fait nuit désormais, les gardiennes sont pressées), la première chose que l'instinct vous suggère, exactement comme à l'école, c'est : ne jamais irriter les supérieurs. L'auto-dégradation qu'engendrent cette longue descente et, ensuite, le passage d'une grande grille, et après encore -toujours plus bas- la vue d'une dizaine de portillons métalliques cadenassés tout autour d'une place sombre, est si puissante qu'elle m'apparaît comme une sorte de plaisir auquel s'abandonner pour en finir avec les minuscules angoisses de la vie, les dilemmes éthiques, l'orgueil, la respectabilité."

    (p.14)

    " J'ai débarqué dans le royaume du tout est possible (violences, abandons, contradictions), fondé sur la conscience profonde de chacune d'être désormais perdue à jamais pour les lois qui régissent la vie du dehors. De fait, quand on met le pied sur le rivage du tout est perdu, n'est-ce pas justement alors que surgit la liberté absolue ?"

    (p.132)

    Nathalie

  • JANET & JANE

    Si vous avez regardé et aimé Un ange à ma table de Jane Campion  (cliquez sur l'affiche pour accéder à la lecture du film sur Arteplus7)

    Détails sur le produit

    diffusé hier soir sur Arte, venez découvrir à la médiathèque deux ouvrages de Janet Frame, l'héroïne du film : La Fille-bison et Vers l'autre été, roman autobiographique dont l'auteur n'a souhaité la publication qu'après sa mort, le trouvant trop "embarrassant personnellement", et on l'imagine très bien avouer cela tête baissée, yeux relevés et espiègles. Pour ma part, la Janet de Jane n'a fait que renforcer ma sympathie pour ce personnage, que dis-je pour cette vraie femme de chair et d'os au merveilleux don d'idiote, façon prince Mychkine s'entend...

     

    Vers l'autre été

    Grace Cleave, une écrivaine néo-zélandaise « expatriée » à Londres, est en vacances dans le nord de l'Angleterre. Son hôte lui demande pourquoi elle a abandonné sa terre natale : « Vous ne voudrez jamais y retourner ? - J'ai été officiellement déclarée folle en Nouvelle-Zélande. Y retourner ? On m'y a conseillé pour mon salut de vendre des chapeaux. » Janet Frame explore les thèmes du voyage, du retour, du mal du pays et de l'appartenance. Écrit en 1963, Vers l'autre été est un texte d'une justesse exquise, précurseur et annonciateur de son autobiographie. 

    Nathalie

  • BRIC-A-BRAC, Maria Jalibert - album jeunesse

    "Alors qu'allez vous trouver dans ce livre ?

    En vrac : de la couleur, des formes, plein de pitits zanimos et de joulis voitures, de la bagarre et des bisous, du sucré et du salé, des moutons, des boutons, des squelettes mais aussi quelques fesses je dois l'avouer, des bijoux, un choux, des hiboux, pas de cailloux mais plein de joujoux ça c'est sûr."

    Maria Jalibert

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    Bric-à-brac : formation expressive composée de deux onomatopées d'origine obscure.

    Au figuré, désigne un lieu encombré et en désordre.

    (Dictionnaire historique de la langue française)

     

     

    Ah ah, voici donc un livre bricabracant pour petits et grands!

    Si vous êtes du genre à amasser dans des boîtes de menus objets disparates, destinés à prendre, au fil du temps, le nom de vieilleries, si, en mode "vidange de la tête", vous vous surprenez à composer de petits tas façon cairn voire des figures avec les vieilleries susnommées ou si encore seulement vous éprouvez un brin de tendresse et de plaisir à l'évocation de vos trésors d'enfance, ce livre saura vous ravir...

    Un imagier aux riches compositions et aux correspondances originales, poétiques ou rigolotes s'offre au "lecteur" ("regardeur" devrait-on dire pour un imagier, non ?), tout droit sorti devine-t-on de la collection personnelle de l'auteur-illustratrice!

     

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    Du plus simple ("rouge tomate") au plus complexe ("moutons pairs, boutons impairs"!), sous son apparence simple comme un jeu d'enfant, il y a moyen de passer pas mal de temps et de bien s'amuser entre petits et grands avec ce bel album carré comme une boîte à trésors.

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    Et comme dit si bien Calvin, "il y a des trésors partout" (et beaucoup dans Bric-à-brac)!

     

    Nathalie.

     

     

  • Mes "miam" livre de l'année 2013

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    Janvier n'est pas terminé, c'est encore l'heure des bilans, surtout que les parutions de ce début d'année ne sont pas encore arrivées à la médiathèque. Alors voici une petite liste des "miam" que je n'ai pas eu le temps de présenter ici durant l'année écoulée. Ils sont peut-être encore visibles en présentation, un marque-page inséré entre leurs pages ou ils ont retrouvé leurs compagnons en rayon. Quant aux livres déjà chroniqués dans ces pages, vous pouvez les retrouver dans la rubrique miam miam!

    Des idées de lecture donc, parmi d'autres et qui ne reflètent que mes propres faims et gourmandises...

     

    *

     Pour plus de renseignements, cliquez sur la couverture de chaque livre présenté!

     

    Une fille, qui danse de Julian Barnes, Mercure de France

    Tony, retraité divorcé à l'existence terne, se souvient quarante ans après qu'il aurait dû épouser Veronica. Mais elle lui avait préféré Adrian, le plus brillant de ses camarades et son meilleur ami, et peu après l'envoi par Tony d'une lettre pleine de rage et de déception, Adrian s'était suicidé. 

     Ceux qui veulent nier le passage du temps disent : quarante ans, ce n’est rien, à cinquante ans on est dans la fleur de l’âge, la soixantaine est la nouvelle quarantaine et ainsi de suite. Je sais pour ma part qu’il y a un temps objectif, mais aussi un temps subjectif… le vrai, qui se mesure dans notre relation à la mémoire. Alors, quand cette chose étrange est arrivée, quand les nouveaux souvenirs me sont soudain revenus, ça a été comme si, pendant ce moment-là, le temps avait été inversé… Comme si le fleuve avait coulé vers l’amont.

     

    *

     

     L'enfance d'Alan d'Emmanuel Guibert, L'Association

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    En 1994, Emmanuel Guibert, alors en vacances, rencontre par hasard Alan Ingram Cope, un américain retiré sur l’île de Ré. C’est le début d’une profonde amitié entre ce retraité de 70 ans, et le dessinateur âgé d’alors 30 ans. Très vite, Alan, en fabuleux conteur, se met à raconter sa vie à un Emmanuel Guibert émerveillé. Après la Guerre d’Alan, consacré aux périples du jeune soldat Alan durant la seconde Guerre Mondiale, Emmanuel Guibert s’attache à retranscrire ses souvenirs d’enfance. L’Enfance d’Alan est aussi un formidable témoignage sur la vie quotidienne aux Etats-Unis avant-guerre. On y découvre la vie d’une famille ordinaire, humble, et l’éveil d’un enfant à l’existence. Dans la description des jeux avec les enfants du voisinage, des moments vécus en famille, ce travail de mémoire touche à l’universel. Le talent de conteur d’Alan, et la grâce du dessin d’Emmanuel Guibert, apportent à ce témoignage une douceur pleine de l’innocence de l’enfance, et de la joie du souvenir.

     

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    Esprit d'hiver de Laura Kasischke, Bourgois

    Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

     

    « Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

     

    « Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. »
    Marine Landrot, Télérama

     

     

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    Automne de Jon McNaught, Nobrow

     

     

     Une journée ordinaire à Dockwood, petite ville du sud-est de l'Angleterre comme tant d'autres, avec sa salle de bowling, son lac de plaisance et son centre commercial. Le jour se lève, les habitants vaquent à leurs occupations : à la maison de retraite, le garçon de cuisine prépare le petit déjeuner, plus tard, le livreur de journaux commence sa ronde. Fauve d'Angoulême 2013 prix révélation.

     

    « Grâce à la description de ces tout petits riens, de ces détails, l'auteur crée une ambiance unique, presque magnétique, parfait contre-pied de la routine décrite, et cherche, semble-t-il, à révéler la musique intérieure des choses, écho poétique à la quotidienneté du réel. [...] En étant présent au temps et habitant leur existence, les personnages acquièrent au fil des pages une épaisseur et une densité rares, qui les rendent attachants. » 

    Olivier Hervé, Planetebd.com

     

     

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    Annabel de Kathleen Winter, Bourgois

     

     
    En 1968, dans un village reculé de la région du Labrador, au Canada, un enfant voit le jour. Ni tout à fait homme, ni tout à fait femme, il va faire l'objet de la décision de ses parents : subir une opération et être élevé comme un garçon. En grandissant, son autre moi, une fille à laquelle il pense sous le nom d'Annabel, ne disparaît jamais. Un récit sur l'ambiguïté sexuelle. Premier roman.
     
     
    *
     
     
    La Chambre de Lautréamont de  : d'après l'oeuvre d'Auguste Bretagne et Eugène de T. S. 
    un récit de Corcal, dessin et couleur d'Édith, Futuropolis
     
     
    Feuilletoniste à Paris, Auguste Bretagne habite dans une petite chambre où a vécu un jeune poète inconnu : le comte de Lautréamont. Une nuit, après avoir goûté du peyotl en compagnie d'Arthur Rimbaud, le jeune écrivain est réveillé par la voix d'outre-tombe de celui qui a écrit Les chants de Maldoror. Un récit fantastique et fantaisiste dans l'esprit des nouvelles du XIXe siècle.
     
     
    *
     
    180 jours d'Isabelle Sorente, Lattès
     
    180 jours
     
    180 jours, c est le temps qui sépare la naissance d un porc de sa mort à l'abattoir. Ce sont aussi les six mois qui font basculer la vie d un homme.

    Quand Martin Enders accepte de se rendre dans un élevage industriel pour les besoins de son travail universitaire, il n'imagine pas que le cours de sa vie va s'en trouver bouleversé. Par les secrets que lui révèle Camélia, le porcher. Et par les quinze mille bêtes enfermées dans les différents bâtiments.
    Fondé sur la propre enquête de l'auteur, dévoilant le quotidien surnaturel des animaux dans les systèmes de production industriels, 180 jours est l histoire d'une amitié entre deux hommes que tout semblait séparer, mais aussi celle de leur rapport aux bêtes.

     

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    Daytripper : au jour le jour de Gabriel  et Fabio Moon, Urban Comics

     Bràs de Oliva Domingos, fils du célèbre écrivain brésilien, passe ses journées à chroniquer les morts de ses contemporains pour le grand quotidien de Sao Paulo. La nuit, il rêve que sa vie commence enfin.

     

     

    *

     

    Comme les amours de Javier Marías, Gallimard

     

     

    Servie par une prose magistrale, habile à sonder les profondeurs de l’âme humaine mais aussi à tenir son lecteur en haleine, cette fable morale sur l’amour et la mort ne peut que nous rappeler, par son intensité, les meilleures pages d’Un cœur si blanc ou de Demain dans la bataille pense à moi. Comme par le passé, Javier Marías y dialogue avec les tragédies de Shakespeare mais également avec Le Colonel Chabert de Balzac dont il nous offre ici une lecture brillante, complètement inattendue et strictement contemporaine.

     

    *

     

    Come Prima d'Alfred, Delcourt

     

     

    Début des années 60. Suite à la mort de leur père, deux frères, Fabio et Giovanni, sillonnent les routes au volant d'une Fiat 500. Leur voyage, émaillé de disputes et de silences, de souvenirs et de rencontres, les conduira jusqu'à leur Italie natale, quittée depuis des années. Par bribes, le portrait de leur père se recompose et les amène à mettre en lumière leurs relations tumultueuses...

     

     

    *

     

     Canada de Richard Ford, de l'Olivier

     

    Great Falls, Montana, 1960.

    Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents braquent une banque, avec le fol espoir de rembourser un créancier menaçant. Le hold-up échoue, les parents sont arrêtés, et Dell a désormais le choix entre la fuite et l'orphelinat. Il traverse la frontière et trouve refuge dans un village du Saskatchewan, au Canada. Il est alors recueilli par le propriétaire d’un hôtel, Arthur Remlinger, qui le prend à son service. Charismatique, mystérieux, Remlinger est aussi recherché aux États-Unis...

    C'est la fin de l'innocence pour Dell qui, dans l'ombre de Remlinger, au sein d'une nature sauvage et d'une communauté pour qui seule compte la force brutale, cherche son propre chemin. Canada est le récit de ces années qui l'ont marqué à jamais.

     

    *

     

    La Leçon de pêche de Heinrich Böll

    illustrations d'Emile Bravo, Glénat

    Un pêcheur, qui se repose tranquillement après sa pêche matinale, est abordé par un touriste qui le bombarde d'idées ambitieuses pour construire un véritable empire industriel. Une fable qui montre que la quête du bonheur est plus importante que celle de la réussite.
     
    *
     
    Voilà!
    Et n'hésitez pas à partager vous aussi vos engouements : des marque-pages "miam" sont disponibles à l'accueil!
     
    Nathalie
  • DE L'INFLUENCE DES RAYONS GAMMA SUR LE COMPORTEMENT DES MARGUERITES, Paul Newman - DVD

     

     

    Oh la belle initiative que voilà : les éditions Potemkine rééditent le deuxième film de Paul Newman, acteur-tombeur de ces dames qui, à l'instar de John Cassavetes n'avait d'yeux que pour une (de dame) et lui offrait des rôles magnifiques, tel que cette Béatrice Hunsdorfer (alias Joanne Woodward), veuve et mère de deux adolescentes, née un peu trop tôt pour vivre la révolution du Power Flower et un peu trop pauvre. Un peu trop zinzin aussi.

    Portrait borderline donc et sans concession d'une femme qui ne renonce pas et se bat, dans cette Amérique de l'ère Nixon qui laissa son lot de "pas gâtés" sur les bas-côtés... Une lueur d'espoir apparaît en la personne de la cadette, expérimentatrice des rayons gamma sur les marguerites, et qui parvient à ne pas subir l'influence-poison de sa mère. Le film termine sur elle en une scène douloureuse et apaisée. On sait qu'elle s'échappera pour mieux porter et diffuser sa foi. En la vie.

    Béatrice Hunsdorfer a des sœurs, nées également au tournant des décennies 60-70 et qui ont pour nom Wanda (Barbara Loden dans son propre film), Mabel (Gena Rowlands dans Une femme sous influence de John Cassavetes), Alice (Ellen Burstyn dans Alice n'est plus ici de Martin Scorsese), petites sœurs paumées que l'on n'a pas aidées sur le chemin de la libération mais qui ont su trouver une façon d'être, unique... et infiniment émouvante.

    http://www.dvdclassik.com/critique/de-l-influence-des-rayons-gamma-sur-le-comportement-des-marguerites-newman

     

    Nathalie

  • NUE, Jean-Philippe Toussaint - roman

     

    Dire d'elle ce qui jamais ne fut dit d'aucune.

    Dante

     

    lettre de Romain Rolland à Sigmund Freud le 5 décembre 1927 :

    Mais j'aurais aimé à vous voir faire l'analyse du sentiment religieux spontané ou, plus exactement, de la sensation religieuse qui est (...) le fait simple et direct de la sensation de l'éternel (qui peut très bien n'être pas éternel, mais simplement sans bornes perceptibles, et comme océanique). 
     
    Depuis cet échange épistolaire, le sentiment océanique signifie communément l'impression ou la volonté de se ressentir en unité avec l'univers (ou avec ce qui est « plus grand que soi ») parfois hors de toute croyance religieuse.
     
    Le narrateur de Nue semble voir la femme qu'il aime sous cet aspect de l'éternité » (sub specie aeternitatis) cher à Spinoza. Et c'est sans doute parce qu'il a cette capacité de voir sous la surface de Marie (car tel est son nom!) le plus précieux que leur amour moderne côtoie l'éternel.
     
     
    Car de même qu'il existe un sentiment océanique, on pouvait parler, en ce qui concerne Marie, de disposition océanique. Marie avait ce don, cette capacité singulière, cette faculté miraculeuse, de parvenir, dans l'instant, à ne faire qu'un avec le monde, de connaître l'harmonie entre soi et l'univers, dans une dissolution absolue de sa propre conscience.
     
    (p.36-37)
     
     
    Et si vous voulez en savoir plus :
     
     
    Nathalie
  • LE MUR INVISIBLE, Marlen Haushofer - roman

    ou le journal de bord d'une "Robinsonne" forestière...

     

     Une femme tient son journal, retranscrit pour elle-même la matière des jours singuliers qui la façonnent depuis l'apparition du mur invisible... Ce mur, au-delà duquel toute vie semble figée l'enferme dans la forêt où elle séjourne. Et nous, lecteurs, lisons ce témoignage à la première personne en frissonnant, fascinés. C'est que cette femme écrit pour conjurer la solitude, donner sens à cette vie nouvelle qui lui est donnée/imposée, trouver le courage, jour après jour d'affronter la nature qui l'entoure, ne pas se laisser gagner par la peur ou la drôle d'euphorie qui peut vous prendre quand plus un seul humain mais seulement les lois de la nature, sa beauté, sa dureté ensorcelante ne viennent dicter votre avancée...

    J'ai retrouvé ce roman, découvert par je ne sais plus quel hasard il y longtemps, au détour d'une petite librairie spécialisée en SF et polar. Il trônait en devanture parmi les coups de coeur. Je n'ai pu m'empêcher d'exprimer à pleine voix les puissants souvenirs liés à sa lecture. S'en est suivi une longue discussion avec la libraire à propos de ce vieux roman méconnu mais qui marque quiconque a croisé sa route. Il a toute sa place dans un rayonnage de SF même si les données sciences fictionnelles ne forment que l'incipit du récit et ne sont que prétexte à dérouler des réflexions sur le sens de la vie, la nécessité de vivre en communauté, notre part d'animalité,...

    Expérience-limite, expérience humaine donc d'une femme qui ne connaît ni la nature, ni la solitude, ni la liberté écrit par une femme en Autriche au début des années 60, mariée, deux enfants, travaillant pour son mari et trouvant le temps pour cette double vie, vie volée.

    Ce livre pas récent, suivi d'aucune actualité vous attend donc pour continuer le fil de ses admirateurs discrets.

    Nathalie

  • AU-DELA DES COLLINES, Cristian Mungiu - DVD

    Au-delà des collines

    où la Roumanie n'en finit pas avec ses démons

    par l'auteur de 4 mois, 3 semaines, 2 jours

     

    Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'avais vu 4 mois, 3 semaines, 2 jours qui m'avait bien secoué dans le genre glauque, mais que j'avais bien retenu aussi. Toujours est-il que je me mets, un soir en semaine, à regarder ce dernier long (pour de vrai, 2h30!) et que je tiens jusqu'au bout, mieux je ne vois pas le temps passer.

    Là où Mungiu vous emporte, c'est que, partant d'un fait divers qui avait défrayé la chronique (une jeune femme morte dans un couvent suite à des séances d'exorcisme et à des privations), il prend le temps, sans artifices mais pas sans intensité de comprendre comment l'horreur a pu prendre place, le crime avoir lieu. Surtout, il ne juge pas, pas plus la religion, l'ignorance que le communisme, il laisse le spectateur libre de se faire son idée, cela est bien agréable, on se sent un peu moins petit après un film comme celui-ci, on se sent moins en révolte qu'en questionnements.

     

    Quelques critiques :

    http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Au-dela-des-collines-4325.html

    http://www.telerama.fr/cinema/films/au-dela-des-collines,434026,critique.php

    http://www.lefigaro.fr/cinema/2012/11/20/03002-20121120ARTFIG00739--au-dela-des-collines-diable-de-film.php

    Et une interview éclairante du réalisateur :

    http://www.lavie.fr/culture/cinema/au-dela-des-collines-cristian-mungiu-s-explique-sur-le-sens-de-son-film-20-11-2012-33422_35.php

     

    Nathalie