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Livre (secteur adultes) - Page 4

  • Le Mock : nouvelle chaine de littérature classique

    Bon, il va être temps de commencer les révisions pour le bac, si ce n'est déjà fait... Pour tout savoir sur Emma Bovary et l'ironie dans l'oeuvre de Flaubert, voici un petit résumé en vidéo, en 20 mn seulement !


     


    FLG.

     

  • TANIGUCHI JIRO

    Le festival d'Angoulême rendait hommage cette année au mangaka le plus influencé par la bande dessinée européenne avec une exposition monographique et un documentaire que voici : 

    Les ouvrages de Taniguchi disponibles à la médiathèque, au rayon Mangas adultes :

    search.php?action=Basket&method=admin_view_html&pid=2681

     

    Nathalie

  • PRICE, Steve Tesich - roman adulte

     

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            Cliquez sur l'image!       

    East Chicago, Indiana, années 60. C'est l'été, trois jeunes bacheliers inséparables vont voir leurs liens se dissoudre dans une sorte d'effarement tranquille, l'un d'entre eux, Price, qui donne son nom au titre de ce premier roman publié en 1982 aux Etats-Unis se fait lire son avenir par sa mère yougoslave dans du marc de café (sublime portrait de femme) et tombe amoureux illico d'une jeune fille insaisissable, son père transforme sa dépression en cancer mortel, l'usine de la ville semble être le seul horizon professionnel, toutes ces déflagrations se vivent dans une fièvre cotonneuse traversée par à-coups de fulgurances comme des promesses d'échappée hors de ce drôle de temps qu'est le passage à la vie adulte et à la prise en main de sa vie.

    Peu avant le dénouement plutôt lumineux du roman, Price est paralysé, aucune issue ne semble s'offrir à lui, il ne comprend rien, tout lui échappe. C'est alors qu'il entre dans une boutique et tombe sur un étalage d'agendas de l'année en cours soldés. Il en achète un lot, rentre chez lui, s'enferme dans sa chambre, en ouvre un et commence le journal d'un chien d'aveugle fugueur dont on vient de lui raconter l'histoire. Pourquoi ce chien, dressé à rester fidèle en toutes circonstances à son maître s'est-il enfui ? Comprendre le mystère des êtres en se mettant dans leur peau, les vivre de l'intérieur en écrivant pour eux, gagner ce faisant en clarté et en compassion, n'est-ce pas la tâche du romancier ? Le jeune homme remplit tous ses agendas, un pour chaque être aimé. Quand les cahiers seront remplis, sa vie pourra commencer...

    *

     On ne peut jamais vraiment tout savoir. Il y aurait toujours des aspects de Rachel qui m'échapperaient. Le comptable en moi ne réussirait jamais à en obtenir le portrait complet simplement en additionnant les images que j'avais d'elle. Le lutteur en moi ne parviendrait jamais à l'immobiliser au sol pour la définir une fois pour toutes. Peu importait le nombre de mots que j'écrirais et de journaux que je noircirais, l'ecrivain en moi n'arriverait jamais à expliquer la souffrance qu'elle faisait naître dans mon âme, ni à trouver le moyen de m'imposer dans son coeur, à l'exclusion de tous les autres. Elle était insaisissable. Et le désir que j'avais de m'insinuer en elle pour y recueillir des indices, tout comme j'avais fouillé dans les affaires de mon père, céda la place a un autre sentiment : le soulagement. Peut-être que mes efforts avaient été inutiles. Peut-être que, de toute façon, je ne l'aurais jamais vraiment comprise. A la regarder danser avec les flammes, je ressentis soudain une immense délivrance à l'idée d'avoir à accepter une bonne fois pour toute mon échec.

    *

    Du même auteur, aux mêmes éditions Toussaint Louverture, disponible à la médiathèque, Karoo.

    Nathalie

  • LOUONS MAINTENANT LES GRANDS HOMMES, James Agee/Walker Evans - essai

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    A ceux dont l'existence est rapportée.

    En gratitude et profonde affection.

    J. A.

    W. E.

     

    Cliquez sur l'image!

    J'ai fini l'année au coin du feu avec Louons maintenant les grands hommes, expérience singulière de lecture, et unique et qui me hante depuis, comme me hantent les visages photographiés par Walker Evans au début de l'ouvrage, avant même la page de titre et sans légende et notamment celui de Lucille Burroughs alias Louise Gudger, 10 ans, dont James Agee décrit la rencontre un soir d'orage dans sa maison, entourée de sa mère prostrée, effrayée par la tempête et de ses frères et soeurs. C'est un peu long mais impossible de couper avant le point!

     

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    “Il y a des espèces différentes en amitié : et en amour, et des choses qui se tiennent loin par-delà l'amitié et l'amour, qui peuvent être communiquées non seulement sans "sourire", mais sans rien de ce qu'on dénomme "chaleur" du regard, et ayant un peu pensé à ces choses, entreprenant d'oser, et de perdre ma conscience, je laissai tous ces éléments, autrement dit tout ce que j'éprouvais pour elle, tout ce que je pourrais lui dire des heures durant si les mots pouvaient tout dire, s'assembler dans mes yeux, et tournai la tête, et plantai mes yeux dans ses yeux, et nous étions assis là, avec entre nous une vibration croissante qui me rendit à moitié inconscient, de sorte que je persistais, au lieu, aveuglé et muet, de m'enfuir, comme il arrive à la guerre, ou de grimper à un pylône, et à faire comme je faisais je gagnais un force nouvelle par laquelle je me trouvais à un niveau autre, dans un monde nouveau, et je continuais de la regarder, et elle moi, chacun d'un regard "froid", "sans expression", de mon côté en y mettant un sentiment de protection, elle sans peur ou étonnement ou émerveillement, mais avec une qualité extraordinaire de réceptivité sereine, et de luminosité presque et d'application, sans révéler la clé lointaine, qu'il s'agît de chaleur ou de haine ou de curiosité pure et simple ; et à la fin c'est elle qui permit à ses yeux de se détacher et de relâcher, lentement, avec dignité, et elle les reporta sur la gorge plate de sa robe, et sur son poignet, et je continue de l'observer ; et après un moment, pas du tout long, elle lève les yeux de nouveau, et un visage imperceptiblement adouci, timide comme de connaissance, mais les yeux les mêmes qu'auparavant ; et cette fois c'est moi qui change, et montre de la chaleur, de sorte que c'est comme si je lui disais, dieux bons, si en ceci je vous ai causé quelque mal que ce soit, si j'ai commencé en vous quelque changement qui puisse vous faire mal, si je suis allé vers vous et vous ai touchée en quelque façon qui vous offense, pardonnez-moi si vous le pouvez, méprisez-moi si vous le devez, mais pour l'amour de Dieu n'ayez nul besoin d'avoir peur de moi ; c'est comme si le regard et moi n'avaient jamais été, quant à tout mal qui pourrait vous toucher de mon fait, quant à toute l'impossibilité où je serais de vous abriter : et à ce message ces yeux ne montrent ni la clémence ni le courroux, ni chaleur ni froideur, ni un signe quelconque disant qu'elle m'avait compris, ou pas, mais seulement cette même exultation sans effort, neutre et observatrice ; et c'est moi qui regardai à mes pieds.“

    (p. 388-389)   

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    Louons maintenant les grands hommes de  James Agee et Walker Evans, éditions Plon "Terre humaine", 2012  

    A emprunter ou réserver dès maintenant !

    Nathalie

                                                                  

     

     

                                          
     

  • MON AGE, Fabienne Jacob - roman

    mon âge.jpgCliquez sur l'image!

    Présentation de l'éditeur :

    "Quand on entre dans un rêve, un cinéma, un hypermarché, une forêt ou un autre corps, on n'a plus d'âge". Au commencement, il y a une femme qui se démaquille devant son miroir. Quel âge a-t-elle ? Tous les âges et aucun. L'âge de ses expériences. Celles qui font descendre au plus profond de soi, plonger dans la matière rugueuse d'une écorce d'arbre auquel on s'enroule, dans le noir bruissant d'une penderie de maîtresse d'école ou dans une piscine de maison de repos. Que ce soit au fond des cinémas tendus de rouge ou au fond des lits tièdes, le temps n'est pas ce que l'on croit. C'est un tournoiement qui rend toute séduction et tout jugement caducs. Jusqu'à la seule question qui vaille vraiment : celle du temps intérieur. Le seul qui ne passe pas. Fabienne Jacob renoue ici avec l'écriture du corps et des sensations.

    *

    Pressentir dans son corps, dans un geste simple, répété mais inédit ce jour-là celle qu'on sera dans vingt ans, s'en attendrir ; retrouver ses cahiers d'écolière dans le grenier de la maison d'enfance, passer le dimanche à les feuilleter, consciencieusement, comme à la recherche de traces - oui, c'est bien moi, j'étais déjà là toute entière et avoir dix ans le lendemain au réveil, dix ans vraiment, dans son corps, dans sa tête, le temps du réveil ; se regarder dans la glace à vingt ans et se dire qu'on a tous les âges en soi, et que le temps compté n'existe pas.

    Il y a des lieux, il y a des gestes, des parfums, des sons, il y a des circonstances adéquats pour entrer dans ce non-temps. Chacun a les siens. Les livres sont de bonnes portes aussi. Dans celui-ci Fabienne Jacob égrenne les sensations éprouvées du côté des horloges sans aiguilles, à différents âges de la vie. Car il n'y a pas d'âge pour ces sensations-là.

    *

    "A mon retour à la maison, mon fils est venu me rendre visite et m'a trouvée seule à la fenêtre, assise sur une chaise, regardant à travers les croisées. Un  jour blanc jetait des paquets de lumière incertaine dans le salon. Que regardais-je ? Le matin, l'après-midi ou le soir ? L'horloge de mon salon ne m'était d'aucun secours.

    Il est entré, s'est assis en face de moi, alors j'ai pris ma tête dans mes mains et je me suis mise à pleurer.

    - Ca te dérange pas que je pleure ? je lui ai demandé.

    - Non, ça ne me dérange pas. Qu'est-ce qui se passe ? a-t-il répondu.

    - Oh je peux pas te le dire.

    - Je comprends.

    - Oh et puis si, je peux te le dire mais tu comprendras pas. Je jouais à l'école, je faisais rien de mal, j'étais juste avec ce garçon et on faisait rien de mal, il m'a juste demandé de marcher devant lui pendant que lui me regarderait. Et puis tout à coup il m'a demandé de me retourner et il m'a souri. On faisait rien de mal, juste ça, marcher et se retourner et sourire, tu trouves ça mal ?

    Mon fils a fait un signe de la tête qui voulait dire Non il ne trouvait pas ça mal."

    (p.120)

     *

    "Le soir de moisson a pris ses quartiers dans la plaine. L'odeur de pain du blé coupé nous monte à la tête, Else et moi. Dans les champs où le blé n'est pas encore moissonné le vent court comme un fou penchant la pointe des épis, la plaine jaune toute entière ondule, une mer de paille. Le paysage est de plus en plus abstrait, la mobylette suit le tracé noir du macadam, elle fend le monochrome jaune. Else se penche sur la mob pour aller plus vite. Pour accompagner le mouvement, je me penche aussi. La joie est telle qu'elle ne peut rester confinée à l'intérieur de nos corps, il faut que ça sorte. Else se met à chanter une chanson d'amour à la noix, Encore dans mes bras, j'entends une parole sur deux, je reconnais l'air, le vent l'emporte aussi, la plaine tremble dans les poussières de moissons, juillet comme une chatte a ses chaleurs. Le paysage n'est plus qu'un vaste mirage jaune qui pulvérise notre joie en particules fines et odorantes. Else et moi on fait corps avec lui, la vie sera toujours comme ça, on le croit, et même on le chante. Dilatée, chaude et docile. Rien ne se cabrera jamais et rien ne fera jamais obstacle."

    (p.138-139)

    *

    Disponible à la médiathèque donc dès tout de suite, un marque-page "miam" inséré entre ses pages...

    Nathalie

  • La Sélection du kiosque

    aigles foudroyés.jpgLes aigles foudroyés : la fin des Romanov, des Habsbourg et des Hohenzollern / Frédéric Mitterrand

    L'histoire chaotique de l'Europe du XXe siècle à travers la chute brutale et simultanée des dynasties Romanov, Habsbourg, Hohenzollern : la saga de trois familles mêlant Nicolas II, François-Joseph, Charles et Zita, Guillaume II et leurs alliés, leurs adversaires, leurs amours.

     

     

    L'écrivain national / Serge Joncourjoncour.jpg

    En résidence d'auteur à Donzières, dans le centre de la France, un écrivain apprend la disparition d'un vieux maraîcher. Un couple de jeunes, Aurélik et Dora, est soupçonné de l'avoir assassiné. Fasciné par Dora, l'écrivain va sillonner la région à la recherche de pistes susceptibles de faire la lumière sur cette affaire.

     

     

    dumas.jpgLe Comte de Monte-Cristo /Alexandre Dumas.

    1815. Accusé de bonapartisme, Edmond Dantès est emprisonné au château d'If, victime de deux rivaux, Fernand et Danglars, et de Villefort, un magistrat ambitieux. Grâce à l'amitié de l'abbé Faria, il s'évade et peut alors assouvir sa vengeance.

     

     

    L’Ile des oubliés/ Victoria Hislop.hislop.jpg

    A la recherche de son histoire familiale, Alexis, jeune Anglaise, se rend en Crète dans le village natal de sa mère. Elle apprend que son arrière-grand-mère est morte à Spinalonga, une colonie de lépreux proche du village et décide de percer le secret de ses ancêtres et de découvrir les raisons pour lesquelles sa mère a rompu avec son passé. Premier roman.

     

     

    frain.jpgLes naufragés de l'île Tromelin / Irène Frain.

    1761. Un navire français s'échoue sur une île. A son bord, cent soixante esclaves. Les marins refusent d'aider un officier à construire une chaloupe. Ce sont les esclaves qui la fabriquent. Mais au moment du départ, ils ne sont pas embarqués. Quinze ans plus tard, apprenant ce forfait, des hommes viennent secourir les huit derniers survivants. Grand prix Palatine du roman historique 2009.

     

     

    Solo / William Boyd.boyd.jpg

    1969. James Bond, qui vient de fêter ses 45 ans, est envoyé dans un petit pays d'Afrique occidentale où un important conflit sévit, lié à l'énorme réserve de pétrole.

     

     

     

     

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    Histoire de Guer / Abbé Le Claire.

    La paroisse de Guer fut autrefois très importante : entourée de châteaux et protégée par de puissants seigneurs, elle fut, entre autres, le siège de la chouannerie pendant la Révolution.
    Toute l'histoire de Guer, depuis ses origines gallo-romaines jusqu'au XIXe siècle, est relatée dans l'ouvrage de l'abbé Le Claire, « L'Ancienne paroisse de Guer », publié en 1915.
    On y découvre les vestiges gallo-romains de Saint-Etienne : ce prieuré fut fondé en effet en 1140 sur un camp romain; sur le chemin de La Voltais à Monteneuf, des tombelles furent mises à jour.
    L'auteur fait revivre les seigneuries de Raoul Pillet au XIIIe siècle, de Jean le Bastard, de l'Abbaye ; le nom de cette dernière fut donnée à cette importante famille en 1280, issue de la seigneurie élevée au XIe siècle sur les ruines du monastère Saint-Guerval. Au XVIIesiècle, le propriétaire des châtellenies de Peillac, de Brambéat et de la Lohière, fit construire le château de Coëtbo pour en faire le siège de la châtellenie de Guer.
    On assiste aux troubles de la Ligue de 1585 à 1597, à la révolte du papier timbré en 1673, à celle du tabac en 1675 qui ancra dans les mémoires la peur des « bonnets rouges ».
    Enfin, Guer fut le quartier général des chouans, dont le chef, le comte de Puisaye, s'établit à Caesbo.
    Tous les détails que renferme ce ouvrage seront incontestablement appréciés par les amateurs d'histoire locale.

     

    Pas encore à la médiathèque (mais prochainement disponibles…) :

     

    simmonds.jpgLiterary life : scènes de la vie littéraire / Posy Simmonds.

    Recueil de dessins humoristiques parus dans The Guardian review, croquant le monde littéraire : éditeurs, écrivains, critiques et poseurs.

     

     

     

     

    Ne lâche pas ma main / Michel Bussi.bussi.jpg

    Martial Bellion est en vacances avec sa femme et leur petite fille de 6 ans à La Réunion. Soudain, après une dispute, l'épouse disparaît de l'hôtel et reste introuvable. De témoin, Martial devient le suspect numéro 1. Il décide de prendre la fuite avec leur fille pour sauver celles qu'il aime plus que tout et ressusciter les fantômes de sa première vie.

     

     

    Et pour le cinéma, les participants du kiosque recommandent :

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    Le kiosque se poursuit sur ce blog : n'hésitez pas à commenter la sélection
    Retenez également la date du prochain rendez-vous : Mardi 06 Janvier 2015, à 15h00. (Gratuit. Ouvert à tous).
  • Sélection (Août-Septembre 2014)

    Si vous êtes "en panne d'idées" de lectures, fiez-vous à notre sélection :

    201408-09 sélection adultes dépliant.pdf

     

    Et bien sûr, sur nos étagères, un plus large choix à découvrir...

     

     FLG.

  • POURQUOI REGARDER LES ANIMAUX ? de John Berger - livre adulte

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    Si aujourd’hui nous n’observons plus les animaux, eux n’ont pas cessé de le faire. Ils nous regardent car nous avons, depuis la nuit des temps, vécu en leur compagnie. Ils ont nourri nos rêves, habité nos légendes et donné un sens à nos origines. Ils portent à la fois notre différence et la trace de ce que nous croyons avoir perdu. Pourquoi regarder les animaux?  réunit des écrits rédigés entre 1971 et 2009. Dans ces différents essais, récits et poèmes, l’auteur interroge et réactive la relation entre l’homme et l’animal. Un lien qui au fil de l’histoire se voit transformé par les nouveaux rapports de production du XXe, réduisant l’animal à l’état de bête avant d’en faire un simple produit de consommation. Dans une prose libre et érudite, John Berger nous rappelle les multiples fonctions – magiques, divinatoires et sacrificielles – de la figure animale, mais aussi sa force évocatrice, tout comme le vol de cette hirondelle venue surprendre le poète.

    *

    Avec leur vie parallèle, les animaux offrent à l'homme une compagnie qui n'a rien à voir avec celle que peut lui offrir un autre homme. Rien à voir, parce que cette compagnie répond à la solitude de l'homme en tant qu'espèce.

    (p.24)

    Que nous trouvions beau un cristal ou un coquelicot signifie que nous sommes moins seuls, que nous sommes plus profondément insérés dans l'existence que le cours d'une seule vie pourrait nous le faire penser [...] ; sa forme, perçue en tant que telle, devient un message que l'on reçoit, mais qu'on ne peut traduire parce que, en elle, tout est instantané. L'espace d'un instant, l'énergie de notre perception devient inséparable de l'énergie de la création.

    (p.84)

    *

    Après les poèmes de Charles Reznikoff, un autre titre des éditions Héros-Limite.

    Nathalie

  • NUITS SANS SOMMEIL, Elizabeth Hardwick - livre adulte

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    ou la méditation fragmentée d'une vie

    Présentation de l'éditeur

    Entre fiction et réalité, passé et présent, Elizabeth Hardwick retrace et romance sa propre existence dans cette fresque pointilliste qui recrée pour nous l'univers intellectuel de la côte est des États-Unis de 1940 à 1970. Les souvenirs émergent au fil de la plume et racontent une vie de voyages, de lectures et de rencontres. Ces réminiscences sont notamment l'occasion de portraits sensibles et profonds, de Josette et Ida, ses femmes de ménage, jusqu'à l'inoubliable Billie Holiday. Préoccupée particulièrement par le « tourment des relations personnelles », elle nous entraîne au plus près de l'intime.

    Nuits sans sommeil frappe par sa sensibilité à la fois éclatante et douloureuse, par la beauté du style d'une auteure encore trop mal connue en France.

    Joan Didion, auteure de la préface :

    "[...] nous est offerte l'observation précise d'inconnus rencontrés en chemin, l'étude minutieuse de leurs rituels. Il s'agit de vignettes, d'évocations, d'histoires apparemment décousues."

    Extrait :

    (La narratrice rend une visite à Billie Holiday dans une rue de Harlem) " Lady Day est un peu en retard. Elle travaille trop. Grognements et toux en provenance de la chambre. Dans la lumière voilée d'abat-jour pêche, on distinguait le rose blafard d'un divan défoncé. Un coquillage gardant l'empreinte nacrée d'un crustacé, rempli de mégots. Un bas de soie sur le plancher. Et le tourne-disque, encore et encore, diffusant l'éclatant soutien de son chant. Fumée, parfum et quelque part un cœur qui bat." (p.55)

    Nathalie

  • AUGUST, Christa Wolf - livre adulte

    Pour en savoir plus sur l'auteur, cliquez sur l'image!

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    Un très court et ultime texte, écrit en guise de cadeau à son époux pour sceller 60 ans de mariage et tout en jeu de miroirs, forme de dénuement sous le déguisement qui est peut-être la seule façon de rendre compte d'une vie complexe bousculée par l'histoire : Christa Wolf imagine August, chauffeur de car allemand à la veille de sa retraite se remémorant en ce dernier jour de travail l'enfant de huit ans qu'il était au lendemain de la guerre, seul au monde et tombant littéralement amoureux de Lilo, 17 ans (alias Christa Wolf!) au château/sanatorium où tous deux se font soigner de la tuberculose. Récit autobiographique donc mais où la jeune Lilo/Christa est perçue par le jeune August, lui-même convoqué par le vieil August dont l'auteur imagine la couleur des souvenirs à la lumière de ses propres souvenirs et des quelques lettres qu'August lui écrivit après l'épisode du sanatorium, quand leurs chemins ont bifurqués. C'est plus clair comme ça ?!

    Cinquante pages écrites d'une traite pour saisir le noyau dur qui relie les temps, à savoir le rapprochement des êtres et l'amour comme forme de survie, écrites dans une langue étrangement détachée aussi, et étrangement saisissante...

     

    traduit de l'allemand par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein , Christian Bourgois éditeur, 2014.

     

    Nathalie